Une vie : Jeanne-Françoise de Chantal, sainte bourguignonne

Depuis 2003, sainte Jeanne de Chantal est fêtée le 12 août. Épouse, mère, veuve et fondatrice de l’ordre de la Visitation-Sainte-Marie, cette sainte est née à Dijon en Côte d’Or.

Enfance de Jeanne-Françoise

Née le 23 janvier 1572, dans une famille de noblesse de robe, au n° 5 de la rue du Palais à Dijon, Jeanne-Françoise Frémyot est la fille de Bénigne Frémyot, magistrat et président du parlement de Bourgogne et de Marguerite Berbisey.

Sa mère décède alors qu’elle n’a que 15 mois. En recherche perpétuelle et passionnée de Dieu, chacune des étapes de sa vie est ponctuée par cette quête et cette proximité avec le Seigneur.

Sa cousine, Françoise-Madeleine de Chaugy, dira d’elle qu’elle est d' »humeur vive et gaie », sa tante, elle, ajoutera un « esprit clair, prompt et net, son jugement solide ». Ce qui permet de définir les grands traits de personnalités et de qualités humaines de cette côte d’orienne.

Jeanne-Françoise, épouse, mère et veuve

Âgée de 20 ans, elle fut donnée en mariage à Christophe de Rabutin, baron de Chantal. Ce fut un couple très uni et heureux. De cette union six enfants naîtront, dont quatre seulement survivront. Le couple connut huit années de bonheur et d’amour sincère jusqu’au tragique accident de chasse, en 1600, qui frappa le baron. Emporté quelques jours plus tard, ses derniers jours furent très pieux. Jeanne est alors veuve à 28 ans et dans sa tristesse et son deuil, se console inlassablement dans les bras de Dieu.

Rencontre avec saint François de Sales

Vitrail sainte Jeanne de Chantal à l’église du Sacré-Coeur de Dijon

Anéantie par son deuil mais se confiant à Dieu, c’est dans ce contexte que quatre ans après le décès de son mari, elle rencontre François de Sales, qui est alors évêque de Genève, lors d’une retraite de carême à Dijon. Cette phrase prononcée par le saint, bouleversa et résonna tout au long de la vie de Jeanne : « Il faut tout faire par amour, et rien par force ; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance ». De cette rencontre naît une amitié sincère et une entente immédiate, se reposant sur leurs points communs humains et spirituels. Jeanne qui songe à se donner toute à Dieu se livre à François qui perçoit en cette maman intelligente une vocation particulière, il l’accompagne ainsi avec persévérance et fermeté vers une perfection supérieure. François devient alors son directeur spirituel.

« Ah ! Si le monde connaissait la douceur d’aimer Dieu, il mourrait d’amour ! » – Sainte Jeanne de Chantal

François de Sales lui propose de fonder un institut féminin contemplatif, ouvert à toutes les femmes, quelle que soit leur condition. Le discernement fut long pour cette femme dynamique. La lutte pour vivre sa vocation fut ardue et semée d’embûches : son père souhaitant la remarier. Il fallut également trouver une stabilité et s’assurer de l’avenir serein et convenable de ses enfants.

C’est finalement en 1610, que le temps des adieux à ses enfants et son père sonna. Jeanne part pour Annecy et fonde, le 6 juin 1610, avec François trois autres religieuses l’Ordre de la Visitation-Sainte-Marie, ordre qui concilie contemplation et service des malades. Cette congrégation se développe rapidement, d’abord en France puis à travers l’Europe. À la mort de François de Sales, le 28 décembre 1622, Jeanne prend la tête du gouvernement de l’Ordre, soit 13 monastères existants, qu’elle dirige avec fermeté et habilité.

Elle meurt le 13 décembre 1641, à la Visitation de Moulins, alors que l’Ordre compte 87 couvents. Béatifiée en 1751, elle est canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767.

Reliquaire de sainte Jeanne de Chantal

Prière d’abandon de sainte Jeanne de Chantal

« Ô bonté souveraine de la souveraine providence de mon Dieu, je me délaisse pour jamais entre vos bras ;
soit que vous me soyez douce ou rigoureuse, menez-moi désormais par où il vous plaira.
Je ne regarderai point les chemins par où vous me ferez passer, mais vous, ô mon Dieu, qui me conduisez ;
mon cœur ne trouve point de repos hors des bras et du sein de cette céleste Providence, ma vraie mère, ma force et mon rempart ;
c’est pourquoi je me résous moyennant votre aide divine, ô mon Sauveur, de suivre vos désirs et ordonnances
sans jamais regarder où éplucher les causes pourquoi vous faites ceci plutôt que cela,
mais à yeux clos je vous suivrai selon vos volontés divines sans rechercher mon propre goût ;
c’est à quoi je me détermine de laisser tout faire à Dieu, ne me mêlant que de me tenir en repos entre ses bras,
sans désirer chose quelconque, que selon qu’il m’incitera à désirer, à vouloir et à souhaiter.
Je vous offre ce désir, ô mon Dieu, vous suppliant de le bénir, entreprenant le tout appuyé sur votre bonté,
libéralité et miséricorde, en la totale confiance en vous et défiance de moi et de mon infinie misère et infirmité.
Amen »