Les vacances et la « liberté de choisir »

A l’occasion des vacances scolaires qui commencent aujourd’hui, Mgr Minnerath, archevêque de Dijon, propose une petite réflexion sur le thème des vacances :

« La dispersion de l’été a commencé. Beaucoup de familles sont déjà parties en vacances. Vacances est un mot qu’on aime généralement entendre. Littéralement ce mot signifie qu’on met en veilleuse ses activités habituelles, qu’on s’offre un temps de repos, de dépaysement si possible, de ressourcement quelquefois. Tous n’ont pas la chance de partir en vacances, mais tout salarié bénéficie obligatoirement d’un temps de vacances.

Ce temps peut aussi être vécu en chrétiens. Non que nous ne partagions pas les mêmes besoins de détente et de repos de tous nos concitoyens. Mais nous sentons le besoin de vivre ce temps « autrement » qu’en consommateurs passifs de toutes les offres de loisirs clé en main. Beaucoup de familles font heureusement ce choix.

Choisir est le maître mot de ce temps qui n’est plus structuré par le rythme des obligations, scolaires ou professionnelles. Nous redécouvrons que nous pouvons davantage faire jouer notre liberté. Pour reprendre une expression chère à Jean-Paul II, le temps des vacances doit nous permettre de « libérer la liberté », c’est-à-dire de mettre en œuvre notre capacité de choisir ce qui est vraiment bon pour nous et pour notre entourage. La liberté pilotée de l’extérieur n’est plus la liberté. On peut par exemple se soucier de resserrer les liens familiaux, au lieu de laisser jeunes et adultes surfer interminablement sur les tablettes, ou choisir des activités plus conviviales et utiles aux autres.

Certains préféreront des loisirs culturels, d’autres des activités sportives. Les diocèses proposent des camps et des activités pour les jeunes. Pour tous, ce temps de recul devrait aussi être celui d’un ressourcement spirituel. Comment revenir frais et dispos après des vacances si on a laissé en désordre son âme aux prises avec toutes sortes de troubles.  Nous avons tous envie de goûter, loin du béton et du macadam, la beauté de la nature, la faune et la flore que notre modernité technicienne ne cesse de dévaster. La puissance et la divinité du Créateur sont visibles dans ses œuvres, dit saint Paul (Rm 1, 20). Ne passons pas à côté de ce qui est beau. Découvrons les traces du Créateur dans les merveilles qu’il nous a offertes. »

Votre archevêque