« Les gens repartent avec une joie profonde dans le cœur »

Alors que la journée du Pardon se tient demain mercredi à l’église Notre-Dame de Dijon de 8 à 20 heures, le père Gérard Berliet, prêtre coopérateur de la paroisse Dijon – Sacré Cœur/Saint-Jean-Bosco, revient sur le « retour » des fidèles, depuis une bonne dizaine d’années, vers le sacrement de réconciliation.

Il indique : « Les journées du pardon ont permis aux gens de redécouvrir ce sacrement. Beaucoup ont réappris à « bien » se confesser : au lieu d’une confession un peu automatique, qui se résume à une liste de péchés, on fait l’expérience d’une relecture de sa vie devant Dieu.

Même si se confesser est difficile pour tout le monde, il n’est pas plus dur de se confier à un prêtre plutôt qu’à son psychologue ou à son coiffeur ! Ce dont les gens ont le plus peur, c’est d’aller au plus profond de leur conscience, qui touche au dialogue avec Dieu. L’enjeu est d’en ressortir avec le cœur pacifié.

On peut se dire en soi-même : « J’ai un Dieu que je ne connais pas très bien, avec qui je ne peux pas tricher mais qui est bienveillant ». C’est dans la confession que l’on découvre cette grande bienveillance de Dieu. Pour certains, cela va demander du temps, de convertir l’image que l’on peut avoir de Dieu. »

Un lieu d’éducation à la conscience… et à la confiance

Le prêtre poursuit : « Il ne s’agit pas pour les prêtres ou l’Eglise de peser sur les consciences, comme le pape François l’a écrit dans Amoris laetitia. Le pardon de Dieu est très bien expliqué dans la parabole du fils prodigue. La confession est un lieu d’éducation à la conscience… et à la confiance.

Pendant une confession, le prêtre n’a que quelques minutes et quelques mots pour poser les bonnes questions, favoriser une croissance spirituelle de la personne qu’il a en face de lui.

Dans une société en perte de repères, les prêtres sont souvent confrontés à la souffrance. Des gens à qui on a fait du mal, également des gens qui ont pris conscience d’avoir fait du mal. Parfois les gens fondent en larmes. Mais ce sont des larmes libératrices, qui expriment un regret sincère devant Dieu en même temps qu’un soulagement.

Le sacrement de réconciliation est le « carburant » des prêtres. Tout d’abord parce que c’est le Christ qui passe par nous. Et aussi parce qu’il n’y a rien de plus beau qu’une personne qui se convertit. Quand ça se passe tout près de nous, c’est évidemment très mystérieux, mais tout autant vivifiant. Quand Dieu donne la guérison, c’est magnifique. Les gens repartent comme restaurés, avec une joie profonde dans le cœur et l’expérience d’une bienveillance de Dieu très paternelle. »