Voyage d’étude au Liban et projet de solidarité

1813L’Aide à l’Église en Détresse a organisé mi-janvier un voyage d’études au Liban pour les prêtres intéressés, afin de mieux connaître ce pays unique en Orient. « Le Liban plus qu’un pays c’est un Message dans le monde » disait saint Jean-Paul II notant la réelle « coexistence et de la rencontre des cultures et des religions ». Le Père François Béal s’est laissé séduire par la proposition : « Je me suis donc offert ce beau voyage… qui m’a permis d’avoir un regard renouvelé sur la situation des chrétiens d’Orient. »

Un pays en reconstruction qui accueille de nombreux réfugiés

« J’étais déjà allé dans ce pays en 1992, donc il y a bien longtemps ; le Liban sortait de la terrible guerre qui l’a mis à terre entre 1975 et 1990. J’ai trouvé cette fois un pays en reconstruction certes bien avancée, mais toujours fragile et pauvre. L’État est très faible : un président de la République, le général Michel Aoun, vient d’être élu après plus de deux ans de pénible vacance du pouvoir. Surtout, la proximité avec la Syrie se traduit par la présence de près de 2 millions de réfugiés sur le sol libanais, alors que la population du pays s’élève à 4,5 millions d’habitants ; c’est un peu comme si la France accueillait près de 25 millions de réfugiés… Les réfugiés irakiens, tous chrétiens, sont beaucoup moins nombreux (quelques 20 000 personnes), et souvent oubliés. »

Volonté de vivre en paix dans la différence

« Dans ce contexte difficile, le « pacte national » qui lie les différentes communautés (12 chrétiennes, 6 musulmanes et druzes) fonctionne tant bien que mal, mais le « message » de ce pays unique, l’art de vivre ensemble et de construire la paix sans compromissions en même temps que dans l’espérance, est porté par de nombreux acteurs. Notre groupe a rencontré les responsables des différentes Églises locales, en particulier le patriarche maronite, le cardinal Raï, mais aussi des musulmans sunnites et chiites qui s’efforcent sincèrement et avec ardeur de promouvoir la coexistence harmonieuse des communautés. »

Le projet de carême de ma paroisse : soutenir une école

« J’ai également visité une école sous tutelle de la Société Saint-Vincent de Paul et des Frères des Écoles Chrétiennes, dans la banlieue de Beyrouth, que notre paroisse d’Auxonne s’apprête à soutenir au cours des projets de Carême des trois années à venir, avec d’autres axes de partage en parallèle. Cette école m’a impressionné par la qualité de ses enseignants, et la rigueur du contenu proposé, qui lui a valu un label français en 2014. Comme ils accueillent beaucoup de réfugiés et de familles pauvres, ils méritent notre soutien. Et nous avons été plus généralement témoins de la charité en actes, non seulement auprès des réfugiés, mais aussi auprès des femmes seules, battues, des enfants abandonnés… L’Église catholique au Liban est sur ce plan un modèle de dévouement au nom du Christ !

Notre prière a porté ensemble nos deux pays, le Liban et la France, au sanctuaire Notre-Dame du Liban et au Monastère de saint Charbel, un saint prêtre ermite du XIXème siècle. Elle se poursuit après notre retour, dans l’espérance ! »

 

Père François Béal,
curé de la paroisse d’Auxonne

Photos : © P. François Béal