Les oeuvres religieuses d’Henri VINCENOT

Dans le cadre du centenaire de la naissance de l’écrivain bourguignon décédé en 1985, quelques expositions et visites méritent le détour. A Dijon ou dans la vallée de l’Ouche,  on peut faire ou refaire connaissance avec celui qui fut longtemps collaborateur de la revue la Vie du rail et si souvent invité sur les plateaux de télévision des émissions littéraires  (Bernard Pivot n’hésitait même plus à le présenter à chacune de ses apparitions dans son émission Apostrophe comme son « chouchou » ! Vous pouvez encore visionner ces émissions ici  ou  ).

Mais quelle était la foi d’Henri Vincenot ?

On sait qu’il fut élève de l’école St Joseph de Dijon, mais celui qui a tant raconté sa vie et son enfance est beaucoup plus pudique pour parler de sa foi. Pourtant, l’exposition présentée actuellement au musée d’Art Sacré et qui prolonge celle du musée de la vie Bourguignonne est pleine d’enseignements.

Déjà au musée de la vie bourguignonne, on remarquera les « images de communion » faites pour ses enfants et les statues de saints sculptées pour sa famille. Mais au centre du musée d’Art Sacré, on ne peut être qu’illuminé par les peintures et sculptures qui y sont présentées. A l’image de la présentation, on ne peut qu’en faire le tour, les approcher mais sans jamais pénétrer complètement ces œuvres religieuses d’Henri Vincenot. Si notre regard est attiré par la statue de St Vincent qui fut mise en valeur lors de la St Vincent tournante 2012, on est contraint de fixer du regard les peintures de la crucifixion ou de la Cène et il sera difficile de quitter des yeux ses sculptures de la mise au tombeau ou de la crucifixion. On découvre alors que c’est vraiment le Christ qui est au centre des œuvres religieuses d'Henri Vincenot, celui qu’il résumait pour ses proches dans ces trois mots « amour, pardon, partage ».

Sans doute remarquerez-vous aussi ces peintures sur isorel de St Vincent d’une part et une autre de St Bénigne entouré de St Vivant et St Thibault.

A la lecture de ce texte de Claudine Vincenot, on comprend que la vie religieuse d’Henri Vincenot est passée par des étapes que ses œuvres nous laissent seulement approcher, pressentir.

« Henri Vincenot est profondément marqué par son éducation chrétienne. La religion rythmait la vie à la campagne au début du 20èmesiècle.

Vers 1936-37, une première période picturale est marquée par la figure christique, par sa vision de la souffrance du Christ rédempteur. Descente de croix, Crucifixion, mise au tombeau, il adopte une gamme chromatique sombre. Dans les années 50, le Christ souffre à l’usine avec les ouvriers dans Crucifixion. Ses écrits sont alors imprégnés des problèmes sociaux et les difficultés des hommes à survivre dans une société étouffante, détachée de sa mère nourricière.

Il faut attendre les années 70 pour que le sujet religieux réapparaisse dans ses créations. Mais sous une forme nouvelle, plus sereine plus lumineuse. Sa palette s’éclaire et le Christ devient glorieux. Il multiplie également la représentation des saints bourguignons comme saint Vivant, saint Bénigne. »

Claudine Vincenot, le Maître du bonheur, Ed. Anne Carrière, 1995.

Alors n’hésitons pas à pousser la porte du musée d’Art sacré au cours de cet été.

Exposition Henri Vincenot (1912-1985)  – Rétrospective (Les œuvres religieuses au musée d’Art Sacré) jusqu’au 24 septembre.(entrée gratuite)

17, rue sainte Anne 21000 DIJON 03 80 48 80 90