Colloque à  Lyon sur nos évangélisateurs

Un retour aux sources qui sonne comme un appel pour notre temps

À l’invitation des associations des amis d’Éphèse de Lyon et Dijon, les pélerins venus des diocèses de Lyon, Valence, Grenoble-Vienne, Besançon, Autun, Langres et Dijon en ce 8 octobre, et qui se sont retrouvés dans l’église Saint-Irénée de Lyon autour de leurs archevêques, évêques et d’abord du cardinal Philippe Barbarin, primat des Gaules, sont rentrés différents.

Dans la crypte des martyrs

Ils étaient venus retrouver “la source” de l’évangélisation de leurs terroirs, et ils l’ont retrouvée : la foi est arrivée grâce aux disciples de saint Polycarpe, évêque de Smyrne/Ephèse et disciple de saint Jean, donc d’Asie mineure. Mgr Minnerath, à l’origine de cette initiative, leur a longuement expliqué comment ces futurs martyrs avaient pu arriver jusqu’à nous, les Irénée, Andoche, Symphorien, Bénigne, Mammes et tant d’autres.

Ils étaient donc venus retrouver la source, retrouver l’ardeur chrétienne de l’évangélisation au II° et III° siècles, et ils ont fini par retrouver leur époque, ce XXI° siècle. Deux leçons sont en effet à retenir de ces courageux saints évangélisateurs, selon Mgr Minnerath, qui a prononcé l’homélie de la messe finale qui s’est déroulée sous la présidence du cardinal Barbarin dans l’église Saint-Irénée en pleins travaux de restauration, au-dessus de cette crypte où sont entassés les restes de bien des martyrs de 177…

Deux leçons à retenir

Première leçon, celle qui vient du témoignage donné par le sang versé des Blandine, Irénée ou Bénigne : “Quelle foi ! Quelle fidélité !” Pour l’archevêque de Dijon, c’est clair : “Si le christianisme s’était peu ou prou accomodé aux moeurs de leur temps, il n’existerait plus aujourd’hui. Et si ces martyrs n’avaient pas résisté, nous ne serions pas libres aujourd’hui”.

Seconde leçon, celle donnée surtout par le premier grand théologien, l’évêque smyrniote et successeur de Pothin, Irénée de Lyon : “Il a apporté une autre vision du monde, des rapports avec la cité, avec la culture ambiante, il a fait comprendre que ce monde biologique et social avait été voulu par Dieu, aimé par Dieu. Irénée, en fait, nous a donné une vision cohérente de l’histoire de Dieu parmi les hommes, une vision cohérente de l’histoire du Salut”.

Ne pas s’adapter en se reniant

On devine que ce retour aux sources a été ainsi l’occasion d’un “envoi” pour notre temps. Évangéliser aujourd’hui, c’est avoir compris que “l’Église ne doit pas s’adapter à ce monde et à sa force, qu’elle ne doit pas s’adapter en se reniant” et que “la tradition qui nous vient des apôtres nous enseigne ce qui ne vient pas de nous mais qui vient de Lui”.

Michel HUVET