« Apprendre à  regarder » : les églises du Châtillonnais au XIXe siècle

Il y a plusieurs façons de voyager : on peut aller très loin, voir « tout » (« J’ai ‘fait’ le Rajastan, le Spitzberg, la Patagonie…). On peut aussi rester près de chez soi, et regarder avec attention des paysages plus communs, et découvrir des réalités, insoupçonnées, des architectures variées, des villages inconnus.

Mademoiselle Françoise Vignier, avec son enthousiasme et sa précision habituels, nous a aidés à voir un monde que beaucoup de Côte-d’Oriens connaissent peu ou ignorent superbement. On admire Fontenay, Seurre, les Hospices de Beaune ou Flavigny. Mais qui s’intéresse aux petits villages isolés de la grande forêt châtillonnaise ? Qui va visiter les églises de Grancey-sur-Ource, Billy-lès-Chanceaux, Gurgy-la-Ville, Chamesson ou Lignerolles ? Qui s’intéresse à Voulaines-les-Templiers, Saint-Broing-les-Moines ou Veuxhaulles-sur-Aube ?

Françoise Vignier nous apprend à regarder ces églises, apparemment sans charmes, construites au XIXe siècle, entre l’Empire et la IIIe République : période très riche, difficile et chaotique, effervescente et bâtisseuse.

Jusqu’au milieu du siècle, la métallurgie est en plein essor. L’économie est stimulée par des « maîtres des forges », les hommes travaillant dans les petites manufactures; les femmes et enfants élevant des moutons « merinos ». On ouvre des routes (Lamargelle-Aignay en 1832), on aménage bourgs et villages, et de nombreuses églises sont construites (19 entre 1820 et 1840 !). Les prêtres « jureurs » sont revenus dans leurs paroisses, et les municipalités ont – déjà – des projets d’urbanisme.

Après 1850, changements économiques. La population diminue ou se tourne vers de vastes domaines agricoles. Et après 1870, on vivra une autre période de vitalité religieuse.

Une soirée riche d’enseignements et de découvertes.

Père Jacques Delaborde.

photos © Père Jacques Delaborde