Célébration du cinquantenaire de l’Ensemble Joseph-Samson

Voici un demi-siècle, Jean-François Samson, fils de Joseph Samson, fonde avec Jean-Louis Gand l’ensemble Jean-Philippe Rameau : il s’agissait d’organiser les célébrations du deux-centième anniversaire de la naissance de Jean-Philippe Rameau, célébration voulue grandiose par les autorités municipales. Après le succès rencontré par les concerts en l’honneur du grand musicien dijonnais, il n’était pas question pour ces chefs de chœur, héritiers de la grande tradition de la Maîtrise de la Cathédrale dont Joseph Samson avait été le maître de chapelle pendant plus d’un quart de siècle de ne pas poursuivre une aventure musicale aussi bien inaugurée. Ainsi, dès octobre 1964, naissait  l’Ensemble Joseph-Samson.

Depuis 50 ans, l’aventure chorale continue, sous l’impulsion de Jean-Louis Gand. L’éminent musicien, qui, depuis le décès de Jean-François Samson, en octobre 1972, dirige le chœur avec un rare souci d’exigence et de qualité, n’a eu de cesse, tout au long de ces années, d’entretenir un répertoire qui va du Grégorien aux œuvres les plus contemporaines, notamment celles qu’il a écrites. Compositeur déjà récompensé par plusieurs prix internationaux, Jean-Louis Gand est notamment l’auteur de l’Oratorio pour la paix, commande de Dom Olivier Quenardel, abbé de Cîteaux, à l’occasion du neuvième centenaire de la naissance de saint Bernard, ainsi que des œuvres liturgiques d’usage habituel, notamment pour la cathédrale, tel son Magnificat commandé par Alain Chobert alors qu’il dirigeait encore la Maîtrise.

À l’instar de Joseph Samson, Jean-Louis Gand a consacré sa vie au service de la musique. Directeur du conservatoire national de région de Dijon pendant de très nombreuses les années, titulaire de nombreux premiers prix au conservatoire national supérieur de Paris, il ne cesse de composer des œuvres chorales et instrumentales. L’une de ses dernières créations, Maria Mater, pour soprano solo et chœur, reprend une supplique à Marie attachée à la tapisserie de la Collégiale Notre-Dame de Beaune.  L’œuvre, lumineuse et bouleversante, est dédiée à Jean-François Samson. Elle faisait partie du Concert du jubilé.

Au-delà des multiples pérégrinations du chœur en France et à l’étranger (Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Prague, Pologne, etc…), l’Ensemble Joseph-Samson, qui, pendant près de 40 ans a chanté la messe de 10 heures un dimanche par mois à la cathédrale en remplacement de la Maîtrise, a tenu à conserver une mission liturgique à côté de son activité de concerts, la musique sacrée représentant en outre l’essentiel de son répertoire. Le chœur participe ainsi, parfois avec la maîtrise, aux offices de pontificaux et plus largement à la beauté de la liturgie cathédrale en animant chaque année la veillée de Noël et la messe de Minuit,  la fête des Rameaux et désormais la Saint Vincent de Dijon. N’est-ce pas en effet dans la liturgie que les œuvres sacrées trouvent leur accomplissement et leur vérité ?

C’est donc tout naturellement à la cathédrale Saint-Bénigne, cathédrale « enchantée » qui lui est si familière, remplie pour la circonstance, que l’Ensemble Joseph-Samson a donné le dimanche 22 mars son Concert du jubilé , magnifique d’équilibre et de justesse. Outre des motets religieux de Jean-Philippe Rameau et un très beau Stabat Mater d’Emanuele d’Astorga, le concert comportait des œuvres de Jean-Louis Gand et de Joseph Samson ainsi que des polyphonies du XIIIe au XVIe siècle appartenant au répertoire habituel de l’Ensemble. C’est le Magnificat du sixième ton, composée, pour la circonstance, de faux bourdons alternés de Joseph Samson et de Jean-Louis Gand, qui a clôturé ce magnifique concert d’anniversaire.

« On n’arrête pas l’homme qui chante » : cette célèbre formule de Joseph Samson pourrait être la devise de Jean-Louis Gand pour cet ensemble qu’il dirige avec autant de désintéressement que de fougue et de compétence au service de la beauté.

Pour conserver un souvenir de ce moment privilégié, le concert du Jubilé a été enregistré. Un CD  paraîtra courant avril 2015, que l’on pourra se procurer au prix de 10 € outre les frais de port (3,50 € pour un à trois CD) en écrivant à Madame Simone Durnez, 1 cours Général-de-Gaulle  –  21000  DIJON.

                                                   Marie-Dominique Trapet

Photos : © Christophe Blanc (couverture) et Marie-Aleth Trapet