Un colloque régional sur nos églises rurales

Le 12 décembre, la maison diocésaine a accueilli 150 participants qui ont entendu plus de vingt intervenants au cours du colloque régional sur "Les églises rurales, un patrimoine et une opportunité", organisé par Gérard Drexler, délégué régional de l’association Patrimoine-environnement.

La christianisation de notre pays a entraîné la construction d’églises dans nos villages. Rares sont les communes qui n’en possèdent pas, certaines en ont même plusieurs. Des édifices ont plus d’un millénaire comme l’église de Fixey, chaque époque nous a laissé des constructions à l’architecture caractéristique : l’art roman dans le Brionnais, ou l’art gothique dans l’Yonne : plus d’un tiers des églises datent du XIXème siècle.

L’exode rural depuis 1850, et l’évolution de la pratique religieuse a provoqué une moindre utilisation des églises dans nos campagnes qui risquent de disparaître ; mais, dans chaque commune, l’église reste un signe fort pour tous, celui d’une communauté enracinée dans une histoire, le lieu qui en symbolise son unité et la fraternité entre ses habitants, son âme et son visage.

La très grande richesse de ce colloque, fut non seulement le grand nombre des orateurs partenaires pour faire vivre nos églises rurales, mais surtout leur qualité et leur compétence, qu’ils soient curés, élus, fonctionnaires, membres d’associations ou autres,  et qu’ils traitent d’aspects pastoraux, administratifs, financiers ou techniques, d’animation touristique ou artistique : une rencontre passionnante aux multiples approches pour mieux cerner cette question d’actualité.

C’est d’abord Mgr Minnerath qui a dressé le cadre juridique avec beaucoup de précision, en exposant la réglementation, notamment les lois des 9 décembre 1905, du 2 janvier 1907 et la circulaire du 29 juillet 2011. Il a rappelé  les droits et obligations du maire de la commune propriétaire du bâtiment, chargée de l’entretien, et du curé affectataire qui en reçoit l’usage pour l’exercice du culte. Le régime de l’affectation a permis le maintien en bon état des édifices cultuels et de leur mobilier. La lourdeur et la complexité de la procédure de désaffectation la rend dissuasive.

Quatre curés ont fait part de leur expérience dans le milieu rural : pour notre diocèse, le Père Yves Frot dans la Côte, et le Père Paul Houdart dans l’Auxois puis dans le Châtillonnais. Les curés ont exprimé leur volonté de collaborer avec les municipalités dans le cadre des dispositions de la loi de 1905 et des textes postérieurs, mais surtout d’avoir de bonnes relations personnelles avec les maires. L’église qui est souvent le seul lieu digne d’intérêt dans le village, est d’abord  un lieu de prière qui doit être, si possible ouvert à tous, notamment aux touristes. Il ne faudrait pas seulement y célébrer les funérailles, mais aussi les baptêmes et les mariages.

Des maires ont exprimé leur souci d’entretenir les bâtiments et de valoriser le patrimoine, en collaboration avec les offices du tourisme : pour la Côte-d’Or, M. Bruno Bethenod, président des maires ruraux, a donné son témoignage pour la commune d’Arceau. Il a évoqué les préoccupations financières qu’il a dû surmonter pour financer les travaux de restauration de l’église, mais également sa volonté de maintenir le pèlerinage à Notre-Dame de Bon Secours.

Des responsables des services de l’Etat (Direction Régionale des Affaires Culturelles) ou un architecte des bâtiments de France ont précisé leurs missions de protection, de conservation et l’aide au financement des bâtiments, ou bien de maîtrise d’œuvre . Les départements sont également des partenaires actifs dans la participation au financement des travaux dans les églises, faisant l’objet ou non de protection au titre des monuments historiques. Le conseil général de la Côte-d’Or a édité en 2007 un très bel ouvrage sur le patrimoine spirituel du département "De terre & d'esprit".

Parmi les autres approches évoquées au cours du colloque pour faire vivre nos églises rurales, il faut mentionner les associations chargées de leur valorisation ou de leur animation comme le festival Musique en voûtes qui organise des concert de qualité dans des églises rurales de Bourgogne, le Centre international d’études des patrimoines culturels : les chemins du roman en Bourgogne du Sud qui a son siège à Saint-Christophe en Brionnais, mais également les offices du tourisme.

Enfin, il ne faut pas oublier de souligner le travail très important de deux services diocésains dans ce domaine : la Commission Diocésaine d’Art Sacré (CDAS) qui a notamment des taches de conseil, de documentation et d’information dont la secrétaire générale est Mlle Françoise Vignier, et la Pastorale des Réalités du tourisme et des Loisirs, animée par Jean-Michel Pelotte.


Que ce colloque soit l’occasion d’optimiser la synergie de l’action de tous les partenaires qui oeuvrent à la conservation et à l’animation des églises rurales de la Bourgogne.

 

                                                   Jean-François Minonzio