Sainte Reine
Reine, jeune fille d’une noble famille d’Alise, martyrisée au IIIe siècle
Au temps de l’empereur Maximin (IIIe siècle), Reine, jeune fille d’une noble famille d’Alise, fut remarquée par le préfet qui la fit amener devant lui.
Interrogée sur sa famille, son nom et son état, elle répondit qu’elle était née libre, se nommait Reine et vénérait la sainte Trinité.
Les supplices de la prison, du chevalet, des lanières de cuir et des crocs de fer, du feu, durent vains, Reine refusa de sacrifier aux dieux païens. Alors qu’elle était dans sa geôle, une croix apparut dans le ciel jusqu’à lendroit oùù elle se tenait et une colombe s’y posa en disant : « Je te salue, Reine ». Tandis que les bourreaux essayaient de noyer l’adolescente, un tremblement de terre. se produisit, et la colombe réapparut portant en son bec une couronne. Olibrius, fou de colère, ordonna la décapitation ; une source jaillit sur le lieu du supplice…
La passion rapportée brièvement ici est démarquée de la vie de sainte Marine (Marguerite) d’Antioche de Pisidie. L’ancienneté du culte est attestée par le service eucharistique (dont le plat « au poisson »), fin IVe – début Ve siècle, découvert en 1909 au mont Auxois, au voisinage de la basilique chrétienne, sur lequel l’inscription « Regina » est répétée : Reine est donc l’une des saintes les plus tôt vénérées en Gaule, alors que les premières mentions dans les textes sont tardives, au Ve siècle : donation et testament de Guiré-Wideradus, fondateur du monastère de Flavigny ; seconde famille du martyrologue hiéronymien, au 7 septembre (dies natalis). Le 22 mars 866, les reliques furent transférées d’Alise à Flavigny et déposées dans la crypte aménagée à cet effet.
Dès le XVe siècle, les vertus thérapeutiques des eaux d’Alise sont reconnues. Au XVIIe siècle, les pèlerinages se développent, suscitant la création de l’hôpital et l’installation des cordeliers ; le cloître de ceux-ci accueillit la première représentation théâtrale en 1661. Depuis lors, les Alésiens rejouent chaque année le martyre, à présent au théâtre des Roches. […]
Dr Martine Chauney-Bouillot, archiviste du diocèse de Dijon
Vierge et martyre – Fêtée le 7 septembre – Mémoire – Solennité à Alise et à Flavigny