05
mai

Bienheureux Philippe-Maurice Bouchard

La vie ordinaire d’un martyr du nazisme. Côte d’Orien, béatifié avec ses camarades le 13 décembre à Notre-Dame de Paris, Philippe-Maurice Bouchard incarne un courage qui dépasse les années et défie la barbarie.

Maurice (en famille, on l’appelle par son deuxième prénom) naît à Nantes en 1916, en plein conflit mondial, neuvième et dernier enfant d’une famille de la grande bourgeoisie beaunoise. Sa petite enfance est marquée par le décès de son frère aîné, de la tuberculose, en 1922.

A l’école, c’est unélève sensible et appliqué, dont le sérieux est récompensé par des prix d’excellence. Il participe, comme tout le monde, à la chorale et au groupe de théâtre du collège.

Les choses vont pourtant se gâter. Un de ses camarades de classe meurt lorsqu’il est en quatrième. Ses résultats scolaires se ressentent de ces difficultés. Son frère Xavier est admis à Saint-Cyr ; lui décide de s’engager, à vingt ans, au 27ème régiment d’infanterie alors basé à Dijon.

Lorsque la guerre éclate, son régiment est envoyé dans l’Est, puis dans le Nord pour faire face à l’offensive allemande. La plupart des soldats sont faits prisonniers et emmenés en Allemagne, dans un camp, le stalag VI/G, situé près de Cologne, en Rhénanie.

Maurice s’y révèle comme l’un de ceux qui mettent de la bonne humeur dans cet univers de tristesse. Il se lie d’amitié avec de jeunes chrétiens.

L’un d’eux, infirmier, peut sortir du camp et établit des contacts avec l’extérieur : l’archevêque de Cologne, le futur cardinal Frings, est en effet un opposant notoire au régime nazi et aide à développer un réseau de résistance spirituelle. Ils vont ainsi participer au développement du scoutisme et de la JOC parmi les jeunes Français déportés en Allemagne au titre du S.T.O. (service du travail obligatoire), soignent les malades, portent clandestinement l’eucharistie, organisent des évasions. Il fait son départ routier le 23 avril 1944 à la chapelle de stalag VI-G.

En août 1944, en application d’un décret interdisant les activités chrétiennes dans les camps, ils sont arrêtés, interrogés par la Gestapo et envoyés dans le camp de concentration de Büchenwald.

A l’approche des alliés, en 1945, les Allemands envoient les prisonniers à Dachau, dans un convoi de wagons à bestiaux. Les conditions de transport sont épouvantables : 5 000 hommes sont entassés à raison de neuf par mètre carré.  La nourriture manque, les maladies se propagent. Dans le wagon où se Maurice, une révolte éclate ; les SS abattent tout le wagon est abattu à coups de mitrailleuse.

Ainsi moururent Maurice Bouchard et ses compagnons, pour avoir simplement voulu vivre et témoigner de leur vie de chrétiens durant leurs années de captivité.

d’après P. Emmanuel Pic, Eglise en Côte d’Or n°830 – décembre 2025

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