La Nuit des cathédrales à Saint-Bénigne en images

La Nuit des cathédrale s’est tenue le samedi 11 mai en la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon.

Avant de diriger le chœur des Ambrosiniens pour le chant des Complies, réunissant une assemblée fidèle qui a envahi les stalles des chanoines et le chœur des Maîtrisiens, pour un moment de paix grégorienne, Jean-Christophe Garandeau a offert un grand moment oratoire, en proclamant depuis la chaire de la cathédrale Saint-Bénigne le discours prononcé par le père Etourneau (ordre des prêcheurs) pour l’inauguration de la nouvelle flèche de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, le 28 mai 1896.

Ce discours, dont le style est d’un autre âge mais le contenu d’une brûlante actualité, est joint à ce message. En voici quelques extraits :

« Par une innovation des plus heureuses, la Flèche actuelle porte des statues représentant quelques-uns des personnages qui ont illustré votre province. Je dis quelques-uns, car ils sont trop nombreux pour figurer tous dans ce monument. Mais ceux qui y sont ne vous feront point oublier ceux qui auraient pu y être, et si les premiers, par leur présence, laisseront suffisamment entrevoir la richesse et la variété des parures qui composent l’écrin bourguignon, les seconds, par leur absence, loueront la modestie et le bon goût d’une ville qui craindrait de se surcharger en exhibant tous ses bijoux, d’une ancienne capitale qui possède plus de grands hommes que de statues, quand de simples sous-préfectures comptent plus de statues que de grands hommes ».

Au grand orgue, Sylvain Pluyaut, organiste titulaire, a magistralement fait écho à l’emphase du discours louant la flèche et Charles Suisse …

« L’architecture est un art social. Pour tracer les plans les plus magnifiques, sans doute l’architecte n’a besoin que d’un crayon, mais, pour les réaliser, il doit s’assurer une collaboration pécuniaire proportionnée à la grandeur de l’oeuvre qu’il médite. Les temps légendaires sont finis : ce n’est plus au son mélodieux des lyres, c’est au son métallique de l’argent que s’élèvent toutes les constructions. Or, Messieurs, ce concours pécuniaire indispensable n’est donné, surtout lorsqu’il prend la forme d’une souscription populaire, qu’autant que l’œuvre pour laquelle on le sollicite, répond aux idées, aux désirs, aux aspirations de tous. Si donc aujourd’hui, grâce à vos libéralités, une nouvelle Flèche se dresse sur le faîte de votre cathédrale, c’est que vous avez entendu exprimer par elle, de la façon la plus solennelle et la plus durable, ce que vous, Bourguignons et Français du XIXe siècle, vous pensez, ce que vous aimez, ce que vous voulez ».

Texte : M.-A. Trapet
Photos : MD Trapet