Le père Nkouka a parlé de la mission à la paroisse de Nuits-Saint-Georges

Dans le cadre du mois missionnaire, le père Nkouka Marie-Joseph curé des paroisses de Pontailler-sur-Saône et Mirebeau-sur-Bèze est venu présenter à Nuits Saint-Georges sa vision de la mission à une dizaine de paroissiens de la paroisse.

Il se considère volontiers comme un prêtre apatride, pour ses frères africains c’est un « vendu » qui ne partage pas tout de leur foi, et côté français, c’est la culture africaine qui parle. Nous n’avons pas tout à fait tord, il a une foi évangélisée par les deux cultures. En Afrique, les églises sont pleines, pour beaucoup c’est l’expression d’une foi profonde. En occident, les églises sont moins pleines, est-ce pour autant le signe d’une décadence spirituelle ? Ce sont les marées hautes et basses d’une même réalité, deux étapes différentes dans la marche vers une plénitude de la foi.

Faire davantage confiance à Dieu

Il nous a proposé de voir à travers le passage du chapitre 6 de l’évangile de Jean (la multiplication des pains) de percevoir la dynamique de la mission et surtout sa progression. Il y a deux enseignements principaux. Jésus a besoin de nous pour réaliser sa mission. Cette mission peut paraître impossible à nos yeux, 5 pains et 2 poissons pour toute cette foule. Il ne nous demande pas grand-chose, simplement la confiance. Nous nous plaignons souvent que nos églises sont vides, qu’il n’y a pas de jeunes. L’Evangile nous dit que nos épreuves doivent être l’occasion d’une plus grande confiance en Dieu. Nous tenons ici le modèle du disciple-missionnaire. Le disciple ne compte pas d’abord sur ses forces, mais davantage sur Dieu. Les missionnaires en Afrique étaient habités par cette confiance. Humainement, c’est une tâche impossible. Ils ont réussi car ils ont fait confiance.

Le lendemain, Jésus poursuit sa route et voit la même foule à sa suite et donne sens au miracle qu’il vient de réaliser : « Vous me suivez, non parce que vous avez vu un signe, mais parce que je vous ai donné à manger ». Au début du texte, la foule est derrière Jésus parce qu’elle a vu des signes. « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », pour suivre Jésus, nos contemporains ont besoin de signes concrets qui leur parlent. Ils ont besoin de voir des gens nourris, guéris par leur foi pour suivre Jésus. Que donnons-nous à voir aux autres comme fruits de notre foi ?

Repérer la faim de nos contemporains

Pour nourrir les foules, il s’agit d’abord de repérer les faims de nos contemporains, qu’on s’intéresse à eux, qu’on prenne en compte leurs codes. Les missionnaires ont eu à faire ce travail. En apprenant la langue, les codes de vie de la culture locale et ils ont donné à manger à ceux qui avaient faim.

Mais ces signes ne sont qu’une étape sur le chemin de la foi. Ils doivent nous conduire à la « montagne » du signe par excellence : le Corps et le Sang du Christ comme notre véritable nourriture. Ce signe nous rappelle que l’Homme ne vit pas seulement de pain et de vin, mais de toute parole de Dieu.

« A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner » : Un ventre vide et un ventre trop plein, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. D’un côté une foule affamée qui attend d’être nourrie, c’est un peu la situation en Afrique. D’un autre côté, une foule repue qui ne comprends plus à quoi sert Dieu, c’est la situation de l’Europe. Ces deux situations ne sont pas méprisantes. Elles sont justes deux étapes normales dans la croissance de la foi. Nos contemporains qui ne sont pas dans nos églises ne sont pas forcément des incroyants. Dans ces temps difficiles pour notre Eglise, nous avons vraiment à interroger notre foi. Qu’attendons-nous de Dieu ? Que m’apporte-t-il vraiment ? Ma foi me permet-elle d’être dans la joie même dans ces moments difficiles ? N’est ce pas ce miracle là que nos contemporains attendent de nous comme témoignage…