Trois religieuses du diocèse nous ont quittés cet été

Trois religieuses du diocèse de Dijon ont rejoint le Père cet été.

Sœur Maria-Joseph du Passage, dominicaine missionnaire des campagnes, est décédée le 26 juillet à la Maison du clergé à l’âge de 98 ans. La messe d’obsèques a été célébrée à Saint-Michel de Dijon le mercredi 1er août. Elle a été inhumée au cimetière de Gevrey-Chambertin.

Voici quelques témoignages exprimés lors de ses obsèques :

« Sœur Maria : pardonne-moi, mais je n’ai pas envie de t’obéir… une fois de plus ! Tu ne voulais pas qu’on parle de toi, mais tant pis !

Tu es rentrée dans la Congrégation en 1942 et as fait ta première profession en 1944 puis ta profession perpétuelle en 1950. Ton premier lieu de mission est dans les Hautes Pyrénées, puis tu vas dans la Meuse, ensuite en Haute Marne jusqu’à ce que tu partes, en 1958, faire des études de théologie. Après l’obtention de ton diplôme en 1960, tu es envoyée comme formatrice à Flavigny, auprès des novices. Celles-ci parlent encore de tes cours et de l’influence que tu as eue sur elles. Tu as même résumé la « Somme de St Thomas » pour les nuls !

Tu es donc en Côte d’Or depuis 58 ans ! Je veux souligner ton rôle auprès de Mgr de la Brousse et de Mgr Decourtray quand l’église de Dijon traversait la tempête des années   1969 – 1972. C’est Mgr Decourtray qui t’a suppliée de rester dans le diocèse alors qu’un projet de pastorale vous était proposé, à toi et à sr Jean-Denis.

Les années à Commarin (1968 – 1990) ont été riches, mais aussi douloureuses puisque, en même temps, Jean-Denis et toi, étiez soignées dans deux hôpitaux de Dijon. Tu as assumée toute seule la rééducation de sr Jean-Denis qui avait perdu toute autonomie.

Je ne sais pas comment dire ce que chacune de nous te doit : ta foi, ta profonde réflexion, ton interpellation nous poussaient, comme tu en témoignais, à « ne chercher que Lui, Celui à qui tu avais tout donné ».

Sœur Maria, il nous reste un grand vide, mais au fond de nous la certitude que tu es auprès de ce Dieu que tu as tant cherché, prié… et dont tu as témoigné.

Je garde la série des feuillets que tu as distribués chaque mois d’abord aux personnes âgées de Commarin pendant 10 ans, et à Gevrey ensuite, pendant 10 ans également. Beaucoup d’entre nous ont reçu plusieurs fois dans l’année les livrets que tu écrivais et distribuais pour soutenir notre prière.

Maria, plus tu vieillissais, plus tu devenais petite… mais plus ta foi était forte, grande. Ton Seigneur était le Dieu qui se donne. Chacun de nous, tes sœurs et tes nombreux amis, gardent de toi ce message : « Il est vivant, Celui en qui je crois ». »

Sœur Marie-Jo Rocoplan – dmc

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

« Sœur Maria Joseph,

Vous nous avez appris « la liberté dans la confiance ». Avec vous j’ai découvert que je pouvais, que je devais, questionner ma foi en Dieu, ne pas rester « les fesses au chaud », renoncer à être seul maître à bord de l’existence.

Dieu est celui qui improvise avec chacun de nous :  » ayez le courage de devenir vous-même ». Découvrir la patience de Dieu.

Et cette recommandation qui vous ressemble : « c’est seulement lorsque nous ne prêtons plus la moindre attention à nos actions, à notre réputation, à nos mérites, que nous sommes enfin entièrement libres de servir Dieu et Lui seul ».

Merci Maria.

La rencontre avec vous, comme toute rencontre, nous a modifiés. C’est un peu de vous qui reste en nous. C’est un peu de nous qui part avec vous. Cela s’appelle la communion des Saints.

C’est pourquoi nous vous disons « au revoir » en Dieu. »

Gilles et Jacqueline Lescure (Petite école de la Bible)

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

« Il y a quelques semaines nous avons été nombreuses à revoir « Maria-Joseph » dans sa chambre de la Maison diocésaine : bienheureuses retrouvailles !

Quel bonheur de retrouver si vivante, si pleine d’humour – comme si nous ne nous étions jamais quittées – une de nos sœurs qui nous avait fait découvrir une vie religieuse missionnaire ! Il y avait à la fois la découverte de la Bible, de l’histoire de Saint Dominique et des écrits de Saint Thomas d’Aquin, et à la fois la compréhension de notre monde d’aujourd’hui.

Merci à toi, Maria-Joseph, d’avoir su nous transmettre cette soif et ce zèle, en même temps que cette attention au quotidien, à notre vie d’aujourd’hui.

Merci d’avoir pu te partager un peu d’air de ta Picardie natale, tout en nous émerveillant : « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? »

Tu nous précèdes, Maria-Joseph, en rejoignant celles d’entre nous qui sont auprès de ce Seigneur près duquel tu trouves aujourd’hui ton repos !

Merci ! »

Catherine Thierry – dmc

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Le père Jacques Delaborde, un ami de Sœur Maria Joseph, a indiqué :

« Tous ceux et celles qui ont eu la chance de croiser la route de sœur Maria-Joseph en gardent un grand souvenir. Ces derniers temps, elle se déplaçait avec difficultés mais on la voyait souvent à la chapelle de la Maison du Clergé, plongée dans une prière silencieuse et intense.

Jusqu’au dernier jour, elle est restée elle-même, femme libre dans une pensée exigeante et précise, profondément attentive à ceux qui venaient la voir, trouvant toujours le mot juste pour exprimer sa foi, et son exigence d’une authentique vie religieuse dominicaine. Son regard direct et clair, pénétrant, disait toute l’attention et l’amitié qu’elle portait à son interlocuteur.

Avec Sœur Jean-Denis, elles furent d’abord responsables de la formation philosophique et théologique des dominicaines des campagnes. Ces dernières gardent un souvenir vif et chaleureux de ces années.

Dans les turbulences des années 70, elles ont apporté leurs compétences et leur enthousiasme à l’évangélisation des jeunes scolaires, dans diverses aumôneries, aidant de nombreux jeunes à approfondir leur foi.

Les paroissiens de Commarin et de l’Auxois ne sont pas prêts d’oublier ce que Sœur Maria-Joseph leur a apporté ainsi que les nombreux participants à la petite école de la Bible à Dijon. Elle continue à rester très présente, et nous accompagne. »


Sœur Marie-Hélène Legros, franciscaine adoratrice du Sacré-Cœur, est décédée le 7 août à la Maison Saint-Joseph, à Saint-Julien, à l’âge de 95 ans. La messe d’obsèques a été célébrée par le père François-Xavier de Guibert à Saint-Julien le lundi 13 août à 15h. Elle a été inhumée au cimetière de Saint-Julien.


Sœur Marie-Odile du Christ (Odile Gueugneau), carmélite de Flavignerot, est décédée le vendredi 10 août, à l’âge de 75 ans.
L’Eucharistie des obsèques a été célébrée le mardi 14 août à 10h30 en la chapelle du Carmel suivie de l’inhumation au cimetière de Flavignerot.

« Sœur Marie-Odile est née le 26 août 1942 à Perrecy-les-Forges, en Saône-et-Loire. Elle était la quatrième de cinq enfants. Sa famille habita pendant 12 ans à Dijon, où naquirent les trois aînés.

Toute petite, elle était attirée par Jésus et Marie, pour laquelle elle avait dressée un petit « Mois de Marie » qu’elle fleurissait avec amour… Elle fit partie des « Louise de Marillac », qui visitaient des personnes âgées ou malades.

Elle enseigna pendant un an à Montceau-les-Mines, puis entra au Carmel le 9 novembre 1965, jour anniversaire de la mort d’Elisabeth de la Trinité. Elle apportait un souffle nouveau et une multitude de dons, du cœur, de l’esprit et des mains. L’amour de la communauté, une réelle humilité et une fidélité absolue à l’appel du Seigneur permit l’apprivoisement mutuel.

Sœur Marie-Odile du Christ prit l’habit le 2 février 1967 et fit profession temporaire le 2 juillet 1968, profession solennelle le 2 juillet 1971.

Experte en couture, elle contribua à la création d’un atelier de vêtements liturgiques et de tissage-main qui connut un beau développement à une période où les prêtres étaient encore nombreux.

Le noviciat lui fut confié en 1980. Elle avait un don particulier d’écoute profonde, attentive, à la fois discrète – sans curiosité – et extrêmement lucide – sans concession – et une grande exigence de vérité, mêlée de compassion.

En 2004, elle fut élue prieure du Carmel, puis réélue jusqu’en 2013. Neuf années de labeur au service d’une vraie fraternité, où elle eut la joie de recevoir les vœux solennels de deux jeunes sœurs. En même temps, elle se donna sans compter à la préparation et au déroulement de tout ce qui marqua en 2006-2007 le centenaire de la mort d’Elisabeth de la Trinité. Elle avait à cœur que chaque sœur y apporte sa pierre, selon son charisme et ses compétences.

La souffrance physique a été la compagne de presque toutes ses années à Flavignerot. En 1987 une sciatique paralysante et en 1993, la découverte d’une leucémie. Malgré un lourd traitement, des conséquences extrêmement pénibles et des séquelles invalidantes, elle poursuivait sa route et ses responsabilités avec un courage qu’on finissait par ne plus remarquer tant il était habituel. Il s’accompagnait d’une note d’humour, d’affection et même de facéties qui faisaient tout passer.

En mai dernier, les douleurs s’accrurent encore. Un séjour de cinq semaines en hôpital, destiné à chercher un moyen d’apaiser ces grandes douleurs, s’est révélé désastreux et elle est rentrée chez nous fin juin, plus malade et plus faible. Tout traitement s’est révélé vain. A la suite d’un dialogue franc et ouvert avec son hématologue et une spécialiste, elle a opté avec nous pour des  “soins palliatifs” à domicile où nous l’avons entourée jour et nuit de prière et d’amour. Elle ne pouvait plus parler mais elle comprenait tout, demeurait attentive à chacune et se faisait comprendre par toutes sortes de mimiques et de merveilleux sourires. La veiller était une grâce plus encore qu’une peine, tant le Seigneur se rendait présent dans son offrande silencieuse. Jusqu’à ce vendredi 10 août  où Jésus est venu la chercher au moment où nous chantions au chœur le Salve Regina à la fin des Vigiles : « …et Jésus, le fruit béni de tes entrailles, après cet exil, montre-le nous, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie ! »

Les carmélites de Flavignerot