Une Journée des mamans riche en partages

Une journée spéciale pour les mamans d’enfants différents, handicapés ou malades, c’est ce que propose l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH) dans différentes villes de France. A Dijon, c’est la troisième année que cette rencontre a pu avoir lieu, grâce à l’énergie d’une petite équipe de bénévoles autour de Sylvie Pigé, maman de deux jeunes trisomiques et présidente de l’association des amis de Saint Jean et Saint Augustin (ASJA).

Ce samedi 24 mars, elles sont une trentaine de Mamans à avoir répondu à l’invitation. Elles sont venues de Côte-d’Or, mais aussi du Jura, du Doubs et même du Cameroun !!! Beaucoup ont déjà participé à cette journée les années précédentes. Et elles sont revenues, comme à un rendez-vous attendu, seules ou accompagnées d’une amie hésitante, qu’elles ont su convaincre de de tout laisser, pour s’octroyer le luxe exceptionnel de cette journée un peu hors du temps.

C’est en effet une journée pour elles, pour souffler, pour partager ce qui fait leur quotidien souvent douloureux, pour dire aussi leurs joies, pour pleurer si les larmes viennent et pour se détendre et rire ensemble.

D’âge, de milieu social, de cultures et de croyances diverses (deux mamans musulmanes), elles se reconnaissent : elles partagent toutes la même expérience qui continue à les transformer en profondeur : vivre avec un ou plusieurs enfants différents, les élever jour après jour, les aimer envers et contre tout. C’est ainsi qu’après avoir écouté le témoignage très personnel et bouleversant d’Anne Benard, sourde de naissance, maman de trois enfants dont un jeune autiste, une participants s’exclame : « J’ai eu l’impression qu’elle racontait mon histoire ! »

De fait, au cours des ateliers, il se crée un climat de confiance qui permet à chacune de se dire en toute liberté, d’écouter la parole des autres et de sentir entendue et respectée.
Le thème choisi cette année avait pour certaines quelque chose de déroutant, et même de provoquant : « Ma vie, quelle fécondité ? ». Ce qui pourrait fleurir n’est-il pas étouffé au milieu des difficultés de tous ordres auxquelles il faut faire face quotidiennement ? Cependant, quel magnifique bouquet a pu être composé à partir de toutes ces expériences de vies à la fois si différentes et si proches, fleurs d’espérance au-delà de l’espoir, fleurs de joie fragile, fleurs d’amour incroyable !

Après ces moments de partage intenses et riches d’émotion, les ateliers détente étaient essentiels. Chacune avait choisi ce qui lui convenait : relooking, couture, chant ou sophrologie, petit exemple de ce « temps pour soi » qu’il est si difficile de dégager dans la bataille quotidienne. En repartant avec son petit pot de terreau et ses graines de capucine, cadeau symbolique de cette journée, une participante a exprimé ce que chacune ressentait : « Je ne suis pas seule. Cette journée m’a redonné du tonus, la force de continuer à aller de l’avant. » Et la chaleur des « Au revoir » témoignait du prix de cette rencontre et du désir de la prolonger … en attendant le rendez-vous de l’année prochaine.

Marie-Pascale Vallet-Diebolt