Samedi 31 octobre : Claude COMPAGNONE ordonné diacre

C’est ce samedi 31 octobre que monsieur Claude Compagnone sera ordonné diacre permanent pour le diocèse de Dijon. La messe sera présidée par Mgr Minnerath, à 18h en l’église Saint-Joseph de Dijon.

Présentation de l’ordinand.

Claude, pourriez-vous vous présenter ?

Je suis marié avec Isabelle et nous avons quatre enfants. Ces derniers, âgés de 18 à 24 ans, poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur à Paris, Rennes, Lyon et Clermont-Ferrand. Mon épouse, Isabelle, travaille au Conseil Régional de Bourgogne. Professeur de sociologie dans l’enseignement supérieur agronomique, j’enseigne la sociologie des organisations, de l’entreprise, de l’innovation et du conseil en agriculture au sein d’AgroSup Dijon. Mes recherches portent sur le changement en agriculture pour la mise en œuvre de pratiques respectueuses de l’environnement et sur le conseil agricole.

Qu’est-ce qui vous a conduit à la préparation du diaconat ?

La question du diaconat était très flottante dans mon esprit avant d’être appelé. Je trouvais très beau que des hommes mariés et en activité puissent s’engager dans l’Église, qu’ils puissent être témoins de la présence au monde de l’Église, dans leurs lieux de vie ordinaires, familiaux et professionnels, et qu’ils puissent porter les soucis de ce monde dans l’Église. La dimension du service me touchait particulièrement. J’ai toujours été investi, comme Isabelle mon épouse, dans des activités, pas seulement d’Église, mais des activités de « travail spirituel », que ce soit à travers l’encadrement du  scoutisme ou de groupes d’aumônerie, la participation à des groupes de prière et de partage, un engagement auprès du quart-monde, une présence dans des lieux d’Église franciscains ou ignaciens. Quand j’ai été appelé, ces questions flottantes vis-à-vis du diaconat se sont cristallisées et nous en avons discuté avec Isabelle et les enfants. C’est une période où nous sentions avec Isabelle la nécessité de nous engager plus fortement dans l’expression de notre foi en Jésus Christ.  S’il a fallu découvrir un peu mieux ce que pouvait être cet engagement, nous nous sommes laissés conduire sur ce chemin.

Comment s’est passée cette préparation au diaconat ? Quelles en ont été les étapes ?

La préparation au diaconat a pris différentes formes. Il y a tout d’abord eu le temps indispensable du discernement. Pendant une année, j’ai rencontré à différentes reprises, le père Bernard Card, alors responsable diocésain du diaconat, et Gaby Roy, diacre en charge, avec son épouse Marie-Hélène, de la formation des candidats au diaconat. Ce temps m’a permis de voir ce que pouvait être un diacre et ce qui était attendu de lui. Ensuite, durant une autre année se sont déroulées  des rencontres entre Marie-Hélène et Gaby et Isabelle et moi-même. Les questions du diaconat dans la famille et de la place de la femme dont l’époux est diacre ont pu, plus particulièrement, être abordées.

Puis la formation théologique a commencé pour une durée de quatre ans au rythme de trois week-ends et d’une semaine de formation complète par an. Cette formation  de bonne qualité se déroule au niveau provincial. Nous nous retrouvions avec des candidats au diaconat et leurs épouses des quatre diocèses de la région Bourgogne. Des amitiés se sont ainsi liées. Mais des peines ont pu aussi être vécues avec le départ de quatre des huit couples que nous étions. Tout au long du parcours le candidat et l’Église restent libres d’arrêter la démarche.

Pour aider à la réflexion, à la fin de la deuxième année de formation, une équipe d’accompagnement a été constituée. Elle était composée de collègues de travail, d’amis de la paroisse ou de groupes auxquels je participe. Des réunions se sont tenues à notre domicile au rythme de quatre par an pour partager sur ce que pouvait être la place et le rôle non seulement du diacre mais aussi de son épouse, en famille, au travail et en Église. Et puis, il y a eu les étapes de l’acolytat et du lectorat, tout d’abord, et de l’admission, ensuite, au cours de célébrations présidées par Mgr Minnerath. Ces étapes m’ont, pas à pas, affermi chaque fois un peu plus dans ma démarche. Le soutien constant de la communauté paroissiale de Saint-Joseph a été d’une grande importance, en particulier celui du père Dominique Nicolas, de Francis Roy, diacre permanent, et de son épouse Françoise.

Comment imaginez-vous votre service de diacre ? Avez-vous des projets ? Des souhaits ?

J’imagine mon service de diacre de différentes façons. Tout d’abord en famille, par l’attention toujours plus aimante que je peux apporter à mes proches. Ensuite sur mon lieu de travail, par le souci de l’autre dont je peux témoigner, en particulier vis-à-vis de ceux en plus mauvaise position pour pouvoir se défendre, par une disponibilité à l’écoute de l’autre et par la défense d’une certaine éthique. Enfin en Église, sous différentes formes : par un engagement auprès des plus pauvres, comme dans notre groupe de prière et de partage, Pierre d’Angle, de la paroisse Saint-Joseph ;  par des démarches pour que nous puissions découvrir dans nos paroisses pleinement les richesses de l’encyclique « Loué sois-tu » du Pape François ; et bien sûr, l’implication liturgique dans la paroisse par ma participation aux célébrations.

Pouvez-vous nous citer un texte biblique qui vous touche particulièrement et nous dire pourquoi ?

Un texte qui m’a particulièrement touché est celui de l’évangile de saint Jean sur la vigne véritable (Jn 15, 1-17). Je suis fasciné par le style de saint Jean fait de flux et de reflux, style qui nous façonne de manière imperceptible comme le ressac des vagues sur le rivage. Il y est dit le fondement de la foi et du fond d’humanité de l’homme : l’homme est un être de relations et il produit du fruit dans sa relation à Dieu. Et le Dieu dont il s’agit est bien un Dieu d’amour qui nous invite à nous unir à sa divinité en étant nous-mêmes des êtres d’amour. Mystère dont je ne reviens toujours pas !