Repas Solidaires dans les paroisses dijonnaises

Saviez-vous que tous les midis du lundi au samedi, les paroisses dijonnaises organisaient à tour de rôle des repas solidaires ? Loin des beaux discours et des grandes théories, les bénévoles agissent concrètement et au quotidien, depuis neuf ans déjà.

En entrant dans cette grande salle au premier étage des locaux paroissiaux de Sainte Bernadette aux grésilles ce mardi, c’est d’abord le contraste entre l’extérieur et l’intérieur qui frappe. Gris et froid dehors, mais dès la porte passée, outre les décorations de Noël c’est surtout la chaleur que l’on remarque. Chaleur des bénévoles qui nous accueillent et ne laissent personne à l’écart mais aussi température de la salle, qui est bien réconfortante, surtout après des heures passées dans la rue, ce qui est le cas de la plupart des bénéficiaires qui arrivent. (les hébergements d’urgence doivent être libérés en journée)
Soupe chaude, poulet-riz puis yaourt et fruit, le menu semble faire l’unanimité parmi les groupes assis si l’on en juge par le bon appétit des uns et des autres. Le fumet qui s’échappe des assiettes est renforcé par celui des plats qui finissent de cuire au fur et à mesure que l’on traverse la salle et se rapproche de la cuisine. Le père Jérôme Richon, curé de la paroisse, mange simplement parmi les bénéficiaires et leur apporte toute l’écoute et le soutien possible lorsqu’ils sont demandeurs.
Si les discussions vont bon train aux différentes tables, pas de cris ni d’agitation. Les visages sont unanimement souriants, parfois un peu curieux mais jamais méfiant vis-à-vis du visiteur d’un jour qui prend des photos. Les différentes nationalités se côtoient, sans animosité mais avec des regroupements par origines, surtout pour des questions de langue.

“nous voulions montrer que des actions sont possibles” père Emmanuel Pic, curé de Notre-Dame

Le père Pic était vicaire épiscopal en charge de la diaconie au moment du lancement des ces repas solidaires en 2011-2012 et à ce titre chargé de la coordination et du suivi. « l’initiative est venue d’abord des paroisses, confrontées alors au début de la crise des migrants et au questionnement associé sur notre humanité. Chacune a voulu œuvrer en fonction de son approche et ses idées. Le diocèse apporte toujours un soutien en termes d’organisation entre les églises, mais on peut dire que ça roule tout seul » nous explique-t-il avec modestie.
« je veux venir aider ceux qui dont dans la misère, quel que soit leur statut administratif » nous dit Jean-Pierre Munier de la paroisse Saint-Pierre et pionnier de ces repas depuis 2012. Claude Avisse de Sainte Jeanne d’Arc ne tient pas un autre discours : « migrants, réguliers ou non mais aussi personnes dans le besoin de Dijon, quelle différence ? Nous sommes tous frères ! »

Les repas solidaires : du lundi au samedi les midis de novembre à mai dans les différentes paroisses dijonnaises.
informations supplémentaires disponibles dans chaque paroisse

et pendant ce temps là, en cuisine….
L’ambiance est décontractée, mais tout le monde est à sa tâche en cuisine. Marie, Suzon, Josiane et Michelle s’affairent sous la houlette bienveillante de Marie-Hélène, l’épouse de Gaby Roy et diacre de la paroisse Notre-Dame.

Suzon habite Norges-la-Ville, mais a gardé ses habitudes dans son ancienne paroisse à Dijon. Elle vient avec plaisir contribuer à ces repas solidaires. Chacun son rôle : « certains sont en cuisine, ils viennent plutôt toutes les semaines, en salle c’est davantage un roulement entre les bénévoles, tandis que d’autres préparent les sacs de fruits et gâteaux qu’emporteront les bénéficiaires en partant » nous détaille-t-elle en nous expliquant le fonctionnement à Notre-Dame.
« les repas solidaires, c’est une bonne action, mais c’est aussi un bon moment entre nous, les bénévoles, il ne faut pas le nier, ça nous a vraiment rapprochés les uns et les autres » reconnait-elle.

CHM