Mgr Minnerath : « Le Christ habite notre monde faible et fragile »

Alors que les vacances scolaires sont déjà bien entamées, Mgr Roland Minnerath, archevêque du diocèse de Dijon, évoque ce temps de repos et de ressourcement bienvenu.

Il indique : « Ces vacances arrivent cette année dans des circonstances tout à fait particulières puisque nous sommes toujours sous la contrainte des mesures sanitaires à observer pour ne pas propager ce virus. Nous sommes conscients que nous devons prendre cela au sérieux.

« Approfondir les choses essentielles »

Pour beaucoup, en raison notamment de la distanciation, les relations se sont distendues avec la communauté paroissiale. Certains peut-être ne sont pas encore revenus à la messe comme ils le faisaient auparavant. D’autres en ont profité pour faire un retour sur eux-mêmes, pour réfléchir… On dit souvent que ce que les gens de notre époque redoutent le plus, c’est d’être face à eux-mêmes… pendant le confinement, cette prise de recul fut souvent inévitable.

Ceux qui ont expérimenté un nouveau rythme de vie ont été encouragés à approfondir les choses essentielles. Je pense notamment au fait de prendre soin des liens familiaux, entre enfants et parents, également entre époux. Chacun peut tirer quelque chose de positif de cette épreuve du confinement. Certains ont pu réfléchir à leur engagement dans la société, dans la vie associative ou dans l’Église…

Prier pour tous ceux qui ont perdu leur emploi

Je pense que beaucoup d’entre nous apprécieront des vacances à l’air libre, à la campagne, à la montagne, c’est le moment de se réoxygéner, et nous en avons bien besoin ! Communier à nouveau avec la nature, observer le monde animal, les plantes, cela nous redonne goût aux choses de la vie. Cela nous permettra de refaire nos forces, d’être moralement armés pour affronter, à la rentrée, cette crise économique annoncée, probablement doublée d’une crise sociale. Nous portons dans notre pensée et dans notre prière tous ceux qui ne pourront pas prendre de vacances cet été, ainsi que ceux qui ne retrouverons pas leur activité habituelle, parce que la crise a mis leur entreprise à mal

Notre société aujourd’hui se croit toute puissante, elle dispose de tout. Mais elle s’est rendu compte que nous sommes extrêmement fragiles à l’échelle mondiale. Un virus peut mettre par terre une société prospère, ce qui nous ramène à la réalité, au contraire du monde virtuel que nous nous construisons . Vivre dans la réalité inclut la conscience de notre fragilité, physique, psychologique, sociale… Dans ce contexte, les Chrétiens ont quelque chose d’unique à dire : Dieu n’est pas celui qui se moque de notre fragilité du haut de sa toute puissance, il est venu l’habiter. Le Christ habite notre monde faible, fragile…et il nous aime ! »