Dijon Saint-Bernard : Don Etienne part pour Agen

Curé de la paroisse de Dijon Saint-Bernard depuis 2013 et de celle de Fontaine-lès-Dijon depuis 2015, don Etienne Guillot, prêtre de la communauté Saint-Martin, part cet été pour le diocèse d’Agen. Il revient sur ces années passées dans le diocèse de Dijon.

Quel souvenir gardez-vous de votre arrivée dans la paroisse de Saint-Bernard il y a 7 ans ?

Don Etienne : « Dans les semaines qui ont précédé mon installation officielle, j’ai été très bien accueilli par le curé de l’époque, le père Vincent Richard, ainsi que par les conseils (pastoral et économique, Ndlr) en place. Parmi les enjeux identifiés, il y avait un dynamisme à créer entre la paroisse et les établissements scolaires du quartier. Mgr Minnerath, dans la lettre de mission qu’il m’a remise, mentionnait deux missions : la charge curiale de la paroisse, et le fait de devenir le prêtre référent des établissements scolaires du quartier. »

Vous étiez seul au départ, mais plusieurs prêtres vous ont rejoint ensuite…

« La première année, j’étais accompagné de deux séminaristes, puis un deuxième prêtre m’a rejoint l’année suivante. Au bout de trois ans, l’archevêque m’a confié la charge de la paroisse de Fontaine-lès-Dijon, dont je suis aujourd’hui le curé modérateur. Aujourd’hui, quatre prêtres sont présents sur ces deux paroisses. »

Quels ont été les principaux chantiers que vous avez mis en place pendant ces 7 ans ?

« En arrivant, j’ai souhaité créer les « équipes jeunes », réunissant les jeunes de l’enseignement privé et ceux de l’enseignement public. Le but étant que les jeunes puissent se retrouver à la paroisse pour des temps de détente, d’amitié, ainsi qu’un temps d’enseignement, un dîner et un temps d’adoration. Aujourd’hui, on a 170 jeunes de la 6e à la terminale, sur les paroisses de Dijon Saint-Bernard et de Fontaine-lès-Dijon. »

« J’ai souhaité faire grandir un esprit familial paroissial »

D’autres projets ont vu le jour ensuite…

« En plus de permettre un accueil plus large des jeunes et des familles, on a fait en sorte que toutes les générations s’entendent bien et s’acceptent bien. Ça a été un de mes “dadas”, de faire grandir un esprit familial paroissial. A Saint-Bernard comme à Fontaine, les quartiers sont assez résidentiels, il y a des personnes âgées et beaucoup de familles, qui gravitent autour des écoles et de la paroisse. L’enjeu était de faire naître un plus grand sens de l’église, de délaisser cette « mondanité spirituelle » pour reprendre une expression du Pape, pour entrer dans un véritable esprit de paroisse. »

Comment les différentes générations se sont rapprochées ?

« Par le biais de plusieurs événements, comme « parrains d’Avent », qui permettent de vivre des temps de convivialité mais aussi à se porter dans la prière… Il y a aussi eu les week-ends des pères et week-end des mères, de tous les âges. Ainsi que les pèlerinages ou les apéritifs paroissiaux ! »

Pouvez-vous nous parler des « maisonnées paroissiales » ?

« Plusieurs couples ont exprimé le désir de constituer de petits groupes fraternels au sein de la paroisse. Après avoir défini les contours de ce projet, ces maisonnées paroissiales sont nées il y a 3 ans, à Dijon Saint-Bernard et à Fontaine-lès-Dijon. Il y a 8 à 10 personnes par maisonnées, qui se retrouvent tous les mois pour prier ensemble. Il y a d’abord un temps de louange, puis un temps de lectio divina et enfin un temps de partage autour de la parole de Dieu. Cela permet d’échanger leurs intentions de prières. Il y a aujourd’hui cinq maisonnées. Ma plus grande joie, c’est que ce projet soit né d’une demande des fidèles. »

« Pendant le confinement, on a beaucoup de gens qui sont venus dans l’église pour prier, faire oraison »

Il y a aussi eu le lancement, récemment, d’un patronage !

« Ce patronage a été encouragé par notre archevêque. C’est avec joie que je me suis lancé dans ce projet avec une directrice bénévole. Je suis convaincu qu’il est intéressant et opportun de pouvoir proposer aux familles un service éducatif global depuis la sortie de l’école des enfants jusqu’à la sortie du travail des parents. Il me semble que si l’on veut attirer des familles plus éloignées de l’Eglise aujourd’hui, par le biais de ce service éducatif, on tient là une belle opportunité. On a ouvert le patronage il y a un an et demi. Un des enjeux est de se faire connaître des écoles primaires publiques, pour proposer ce nouveau service à des familles qui ne nous connaissent plus et qui ne demandent rien à l’Eglise… »

Ce patronage a-t-il réussi à faire le lien entre les générations ?

« Tout à fait. On compte une cinquantaine de bénévoles de tous les âges dans le patronage : des collégiens et lycéens qui aident pour le grand jeu du mercredi aux retraités qui font de l’aide aux devoir, animent aux ateliers…Il y a aussi quelques personnes qui n’auraient pas forcément aidé pour une activité paroissiale proprement dite mais qui aident pour le patronage. »

Comment le confinement s’est il passé pour vous ?

« On a pris toute la place qu’on nous laissait, grâce notamment aux moyens de communication modernes. On a mis en place des mini homélies en vidéo chaque jour, on a cherché à aider les gens à vivre une vraie communion spirituelle paroissiale. Ça a été un des enjeux de cette période. Dans le même temps, l’église est restée ouverte, on a beaucoup de gens qui sont venus dans l’église pour prier, faire oraison, ça m’a beaucoup marqué. »

Vous allez dans quelques semaines prendre la direction d’Agen…?

« Je fais un gros travail de relecture sur les années que j’ai passées ici. Je m’aperçois, à travers les visites que j’ai pu faire à Agen, que le Seigneur a préparé mon cœur à travers des choses que j’ai pu vivre ici. Notamment cette volonté de mettre en place un esprit familial paroissial ainsi que mon expérience dans la pastorale des jeunes. C’est don Guillaume Chevalier, qui était jusque-là en communauté à Nogent-le-Roi, dans le diocèse de Chartres, qui va prendre ma place. »

Un dernier mot pour finir ?

« J’ai été très marqué par l’accueil reçu par les prêtres du diocèse, et par le travail réalisé avec eux, notamment avec ceux du doyenné (Dijon Centre et ouest, Ndlr). Cela m’a beaucoup marqué, beaucoup touché. Je garderai de ces années à Dijon de très beaux souvenirs. »