« L’appel à la mission fait partie des exigences du baptême »

Le père Patrick-Marie Févotte, curé de la paroisse Dijon Saint-Pierre, va donner une conférence ce mercredi 5 février à 20h30 à l’église Saint-Paul à Dijon (salle Chauvin). Il répond à nos questions.

Vous allez donner une conférence ce mercredi : “Comment être disciple missionnaire”. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

« Ce sujet s’inscrit dans une démarche du pape qui a tout d’abord écrit l’exhortation apostolique : La joie de l’Evangile en novembre 2013, et nous a invité à vivre en octobre 2019 un mois missionnaire extraordinaire. Il nous faut donc entendre ce qu’il a à nous dire et qu’il considère comme une urgence. »

Quand on entend le mot disciple, on pense spontanément à ceux qui suivaient Jésus durant sa vie terrestre. Et nous sommes appelés à être disciple, à notre tour, aujourd’hui…

« Le disciple est bien celui qui met ses pas dans ceux de Jésus. C’est celui qui se met à l’école du Christ parce qu’il a été séduit. La personne de Jésus a exercé sur lui une telle attraction qu’il comprend désormais qu’il ne pourra plus vivre sans lui. Tout baptisé devrait donc être véritablement un disciple, un disciple qui cherche a toujours mieux Le connaître et à L’aimer. »

On a beaucoup parlé de mission en octobre dernier, et voici que vous utilisez le terme de “missionnaire”. Mais un disciple missionnaire, qu’est-ce que c’est ?

« Voilà qui est de l’ordre de l’expérience, d’une expérience intime et personnelle mais qui entraîne inévitablement un rayonnement. Le disciple devient alors missionnaire. Il est disciple-missionnaire ! Il donne par abondance ce qu’il a reçu dans l’intime de son cœur, et témoigne ainsi du Christ et de l’impact de son amour dans sa vie. »

“Tous appelés” : Est-ce un appel universel ou bien un appel personnel, reçu lors du baptême ?

« L’appel à la mission fait partie des exigences du baptême. Il en est le prolongement mais il est aussi dans la nature de l’Église. L’Église ne peut être que missionnaire, non par prosélytisme arrogant mais par un témoignage humble et fervent. »

Comment prendre (davantage) conscience de cet appel ?

« On prend conscience de cet appel en vivant plus intensément son baptême. Il en est une suite logique. »

Avec différentes initiatives, comme le Congrès Mission, on n’a sans doute jamais autant parlé de mission… Est-ce un nouveau temps pour l’Eglise ?

« L’Eglise doit prendre conscience qu’elle n’est plus en position de force. Nos sociétés occidentales se déchristianisent rapidement. Les jeunes sont de moins en moins touchés par ce message. Ne pas entrer dans une vraie démarche missionnaire serait un véritable suicide. »