Catéchistes : « Avant de transmettre la foi, on en témoigne ! »

Alors que dans nos différentes paroisses, les équipes de catéchistes préparent activement la rentrée qui se profile, deux d’entre elles répondent à nos questions. Nadine Thomas est laïque en mission ecclésiale au service de la catéchèse pour les paroisses de Genlis et Saint-Just de Bretenières. Christine Binet, pour sa part, s’occupe notamment d’éveil à la foi, de catéchèse et d’aumônerie au sein du groupe Saint-Bénigne à Dijon.

De quoi les enfants ont le plus besoin aujourd’hui selon vous ?

Nadine Thomas : « Ils ont besoin d’attention et d’amour. C’est pourquoi ils sont si attachés aux passages évoquant la bienveillance de Jésus. Ils ont aussi besoin de temps pour ne rien faire ! Avez-vous regardé, par curiosité, l’emploi du temps d’un enfant ? Il n’y a pas un blanc ! Un programme presque plus chargé que celui des parents, comme si la société avait peur du vide d’un agenda… »

Quels sont les grands thèmes qui ressortent quand vous écoutez les jeunes ?

Christine Binet : « Leurs premières préoccupations restent les mêmes que nous avions à leur âge : un jeune reste un jeune ! Depuis 20 ans que je les rencontre, les ados ont comme préoccupation ce qu’ils vont devenir, les copains et les copines. Énormément d’histoires de cœur, ils nous en parlent aussi. Au lycée, on entend plus parler des résultats, des notes, de ce qu’ils vont faire après. Quand on leur demande ce qu‘ils veulent faire ils ont beaucoup de belles et bonnes idées. Ils savent ce qu’ils veulent faire, mais la société veut nous faire croire que tout est foutu. L’avantage que nous avons, en tant que chrétiens, c’est de montrer le trésor de la foi, l’aide de la prière… Avant tout, on témoigne de la foi, avant de la transmettre ! »

Y a-t-il eu ces dernières années une évolution dans le service de la catéchèse ?

Nadine Thomas : « La transmission de la foi a évolué parce que la société évolue. La foi ne se transmet plus guère à l’intérieur des familles. Il faut arriver à créer des ponts et des liens, lors des préparations au baptême et au mariage. Tant que des personnes demanderont des sacrements pour leurs enfants ou pour eux-mêmes, il y a une espérance… C’est dans ces moments-là qu’on peut commencer l’ombre d’une approche de la foi. Il faut passer du temps, écouter, ne pas bâtir des douanes pastorales infranchissables. »

Se posent-ils des questions sur la foi ?

Christine Binet : « Ils sont très curieux une fois qu’ils ont dépassé les préjugés qui leur ont été transmis. Je suis toujours surprise des préjugés dont les jeunes de 15-16 ans nous font part, sur l’Eglise d’avant 1905. Je leur dis : Dieu merci, nous sommes en 2019, ça a un tout petit peu changé ! Il faut savoir rester ouvert, ça nous met ‘‘à l’heure dans notre propre foi’’ pour trouver les bons mots. Je pense que nous, Chrétiens, avons à témoigner de notre foi de façon beaucoup plus simple et joyeuse ! »

Quelle est la relation des plus jeunes aux sacrements ?

Nadine Thomas : « Ces derniers temps, nous avons beaucoup de confirmands : 60-70 confirmations d’enfants voire de parents d’enfants en primaire. On reçoit des signaux très positifs. Je me souviens d’un jeune collégien qui avait décidé de recevoir le sacrement de confirmation. Nous pensions qu’il n’était pas prêt, il a finalement reçu ce sacrement. Depuis, son comportement a changé du tout au tout. Tout le monde l’a remarqué : il est devenu un moteur dans sa classe. Il a dit : “Je ne comprends pas tout de la vie de Jésus mais je comprends que l’Esprit m’a sauvé”. Pour moi c’est une grande leçon, d’une grande espérance. »

 

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