Vœux aux autorités : Et si on parlait de « subsidiarité » ?

Ce jeudi soir, au centre catholique universitaire de Bourgogne (CUCDB), Mgr Roland Minnerath, archevêque du diocèse de Dijon, a présenté ses vœux aux autorités civiles, militaires et religieuses du département. Après un intermède musical, il a axé son propos sur la subsidiarité. Morceaux choisis :

La société est bâtie au bénéfice de la personne humaine

« Un des principes que l’Église a fourni aux États européens est celui de la subsidiarité. […] De quoi s’agit-il ? […] La subsidiarité consiste à ne jamais priver un niveau d’organisation de sa capacité à réaliser ses objectifs, et à transférer à un niveau d’organisation supérieur uniquement les missions qui ne peuvent être réalisées à un niveau inférieur. […] Nous disons que la société est bâtie à partir et au bénéfice de la personne humaine. La personne appartient à des cercles concentriques qui s’emboitent les uns dans les autres et qui font société : la famille, la cité, la région, l’État, les unions d’États. […]

La subsidiarité n’est pas synonyme de décentralisation, qui est un mouvement partant du sommet pour concéder plus de marge de manœuvre aux échelons inférieurs. La subsidiarité est un mouvement qui part du bas, des niveaux élémentaires de la sociabilité. Elle veut rendre justice à la capacité des groupes inférieurs d’exercer leur créativité et leur habileté à résoudre leurs problèmes. L’État n’intervient que lorsque les corps intermédiaires ne sont plus en capacité d’accomplir correctement leurs tâches. Ainsi la santé, la protection sociale relèvent de la solidarité nationale. […]

Produire sur place et acheter des produits locaux

Pourquoi avoir choisi ce thème de la subsidiarité ? Je pense qu’il peut être un stimulant pour le développement local et régional. […] Nos concitoyens sont justement sensibles à ce principe : produire sur place et acheter les produits locaux. […] Le marché mondialisé crée beaucoup de déséquilibres. Ces déséquilibres sont surtout sensibles dans les pays où le développement est subordonné aux décisions des grands groupes industriels qui y investissent dans des productions pour le marché déjà saturé des pays du Nord. […]

La subsidiarité n’est absolument pas un repli sur les premiers cercles de la vie sociale, mais la mise en valeur de tous les cercles, chacun selon ses compétences propres et toujours dans la perspective de stimuler la participation de tous les citoyens à la réalisation de leur bien commun. En cette année où nous sommes appelés à un débat national à grande échelle, je ne pense pas être sorti de la compétence de l’Eglise en illustrant un principe qui est une pierre angulaire de notre doctrine sociale. […] »

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