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Equipe d’animation paroissiale : à quoi ça sert ?

Ces dernières semaines, plusieurs équipes d’animation paroissiale (EAP), composées d’un prêtre et de plusieurs laïcs, ont été installées dans le diocèse. Notamment dans les paroisses de Saint-Seine-l’Abbaye, Dijon Saint-Joseph, Dijon Saint-Pierre ou Longvic. A quoi servent-elles ? Quel est le rôle des membres qui les composent ? Le père Bernard Card répond à nos questions…

Les équipes d’animation paroissiale (EAP) sont relativement récentes dans le paysage ecclésial. Ont-elles pris toute leur place aujourd’hui ?

« On peut dire que là où elles existent, ces équipes ont souvent pris toute leur place. Même si, ici où là, elles n’ont pas (ou pas encore) atteint tout à fait leur cible. Certes, si on peut regretter qu’il n’y ait pas encore une EAP en chaque paroisse, il faut quand même dire qu’elles sont aujourd’hui largement répandues. Ce qui est une bonne chose. Car les curés ont tout à y gagner. Et pour ma part, j’espère que le temps approche où l’on va bientôt satisfaire la demande de notre évêque en s’acheminant vers une présence généralisée de ces équipes. »

Quelles sont les tâches les plus souvent confiées aux membres d’une EAP ?

« Je dirais que l’EAP assiste le curé dans sa tâche pastorale de présidence et d’animation de la communauté paroissiale. Pour ma part, j’ai souvent été frappé par la qualité de la présence à mes côtés de cette « équipe rapprochée » et par l’efficacité du soutien de chacun de ses membres. Ils m’offrent la possibilité d’un partage dans un climat de confiance où je peux m’ouvrir à eux des joies, des peines, des soucis, des interrogations rencontrées dans mon ministère pastoral. Ils sont le lieu d’une belle écoute et d’un échange cordial qui me permettent de formuler, de mûrir mes interrogations, mes intuitions. Ils sont aussi une « oreille attentive » qui m’aide à entendre battre le cœur de la communauté paroissiale et celui du monde qui nous entoure, à être à l’écoute des appels et des besoins des uns et des autres.

On peut encore ajouter qu’au sein de l’EAP, chaque membre assure une vigilance à l’égard d’un des trois grands pôles de la mission (Annoncer-célébrer-servir), de sorte que chaque composante de la charge pastorale soit honorée et qu’aucune ne soit négligée. »

A quelle fréquence se réunissent-elles ?

« Pour moi, l’efficacité d’une EAP et sa particularité tient à sa grande proximité avec le curé, et donc à la fréquence des rencontres. Toutes les EAP qui m’ont assisté, se sont toujours réunies tous les quinze jours. A mon sens, il est préférable que les rencontres soient plus fréquentes et moins longues (1 heure/une heure et quart). »

Quel est votre vécu personnel par rapport aux EAP ?

« J’ai fait ma première expérience d’EAP à Chenôve où j’ai été curé de 1995 à 2002. Le lancement des premières équipes date de cette époque. Ce fut une expérience heureuse, qui s’est par la suite répétée chaque fois avec bonheur (à Chenôve, Vitteaux, Beaune et aujourd’hui Dijon). J’ai appelée des personnes pour m’aider à faire face à ma charge de curé. Je leur ai adressé à chaque fois une demande forte, instante: « Je ne peux pas être curé tout seul. Je cherche des personnes de confiance, prêtes à porter avec moi la charge de cette paroisse. J’ai besoin de vous. Vous pouvez être cette présence à mes côtés… A travers moi, c’est l’Eglise qui vous appelle… » Elles ont bien compris mon appel. Les refus ont été très rares et toujours avec de vraies raisons. »

Un œil extérieur pourrait-il prétendre que les EAP « font le travail du prêtre » ?

« Je ne sais pas. Mais j’en doute un peu. Car nous avons tellement à faire aujourd’hui. Plus simplement, tel ou tel prêtre peut avoir faire l’expérience d’une collaboration difficile avec une ou des personnes en responsabilité. Et du coup, il peut être un peu sur la réserve. »

Quels sont les éléments qui peuvent freiner l’installation d’une EAP dans une paroisse ?

« La difficulté de trouver des personnes disponibles, en particulier dans le secteur rural qui est moins peuplé. Peut-être aussi une certaine appréhension, lorsqu’on n’a pas l’habitude de « partager » à ce point sa tâche pastorale. Le partage des responsabilités n’est pas une chose complètement aisée. »

Un mot pour conclure ?

« Je n’envisage plus d’être curé sans avoir avec moi une équipe d’Animation pastorale. Les membres de l’EAP m’apportent les richesses de leurs différences de personnes laïques, d’époux ou d’épouses, de parents, de personnes engagées dans le monde du travail ou la vie associative. Leur regard est différent du mien, du nôtre. Il est complémentaire. Leur écoute du monde est différente de la nôtre. Et ce qu’ils rapportent des besoins et des attentes des personnes côtoyées dans et hors de l’église, c’est souvent un autre son de cloche que celui des clercs. Et cela est précieux pour nous aider à discerner les priorités pastorales. Une vraie EAP, c’est un trésor pour la vie d’une paroisse et de son pasteur. C’est ma grande conviction. »

Bernard Card