De passage à Dijon, l’archevêque de N’Djaména cherche des fonds pour restaurer sa cathédrale

La cathédrale de N’Djaména, en 1979, avant d’être atteinte par une bombe incendiaire

Mgr Edmond Djitangar, archevêque de N’Djaména, (capitale du Tchad, Ndlr) était de passage ce vendredi à Dijon. Une occasion pour lui d’évoquer la restauration de la cathédrale de N’Djaména, dont le chantier est arrêté depuis quatre ans.

Le prélat tchadien raconte : « La cathédrale a été construite selon le souhait du général Leclerc, qui avait fait le vœu, en 1940, de bâtir un édifice religieux à cet endroit si la France était un jour libérée. La cathédrale est finalement bénie en 1965, et porte alors le nom de Notre Dame de l’Assomption. Au cours de la guerre civile de 1979-1985, elle est atteinte par une bombe incendiaire en 1980. L’incendie provoque l’écroulement de la monumentale toiture en tuiles. Ce n’est qu’en 1986, après la fin de la guerre, que la cathédrale est restaurée et dédicacée à Notre Dame de la Paix. »

La cathédrale, aujourd’hui, attend d’être restaurée, les fonds débloqués par l’Etat ayant été « probablement détournés »

Pendant un temps, le pouvoir parle de raser la cathédrale. Cette annonce provoque un tollé chez les catholiques tchadiens. Qui obtiennent la sauvegarde de l’édifice.

Mgr Edmond Djitangar poursuit : « Des travaux ont eu lieu grâce au boom pétrolier, dans les années 2000. Alors que le gouvernement s’était engagé à ce qu’ils durent 18 mois, les travaux ont été interrompus au bout d’un mois seulement. On nous a dit qu’il n’y avait plus d’argent, mais on sait que les sommes prévues ont été détournées… Cela fait quatre ans que l’on attend la reprise du chantier ! »

Après avoir organisé des collectes localement, qui ont permis de ne récolter que 60 M de francs CFA (soit 10 000€), l’archevêque a décidé de faire appel « à la solidarité chrétienne internationale ». Il précise : « Le premier objectif est de restaurer et aménager la nef, pour pouvoir célébrer dignement. »

« On a créé une association de soutien, en France, pour financer la restauration de la cathédrale de N’Djaména. On est en train de mettre en place une collecte, qui devrait démarrer prochainement. De cette restauration dépendra la visibilité de notre Église, de son respect et de son enracinement dans la société tchadienne. Priez pour nous ! »