Une joie immense !
La venue en France du pape Léon XIV en cette fin septembre a constitué un événement majeur pour notre Église comme pour le pays. Les préparatifs de cette visite, annoncée au printemps, ont été rondement et très efficacement menés,
permettant une organisation sans difficulté et avec une bonne entente des pouvoirs publics. Partout, à Paris et Saint-Denis, à Lourdes puis à Metz, de grandes foules ont accouru à la rencontre du pape pour le voir, l’écouter, prier avec lui. Bien sûr, les catholiques se sont mobilisés et, dans notre diocèse, nombreuses ont été les initiatives pour le rejoindre.
Ce qui était frappant dans ces foules joyeuses et ferventes, c’est qu’elles dépassaient largement le cadre des catholiques pratiquants, manifestant ainsi plus que de la curiosité devant un événement exceptionnel, surtout une attente spirituelle profonde devant des paroles qui touchent nos raisons de vivre, d’être ensemble, de constituer une société et une nation, paroles qui, avec bienveillance, mais aussi vérité et exigence, redonnent le sens, les fondements et ouvrent à l’espérance qui fait cruellement défaut à notre monde dur et à notre société anxieuse, divisée, individualiste et sous le joug des jugements médiati ques à l’emporte-pièce ou des réseaux sociaux.
Ayant eu la chance et la joie de pouvoir accompagner le pape Léon XIV dans tous ses déplacements, j’ai été frappé de voir partout dans les rues, à Paris en particulier, là où pouvait passer le convoi, les gens rassemblés pour une image fugace, qui n’était pas que de la curiosité mais traduisait aussi une attente pour combler les coeurs. Le pape a touché par sa simplicité, son sourire bienveillant, l’espérance qui transpirait de ses propos, sa foi simple et profonde, la cohérence de vie qu’il propose, issue de l’Évangile.
Et maintenant ? Il ne suffit pas bien sûr de garder de beaux souvenirs de ces jours heureux, mais d’y voir un élan, un encouragement, une ligne d’action pour chacun de nous et pour notre diocèse et notre Église en France. Comment allons-nous les traduire ? Comment poursuivre ce mouvement, le vivre dans nos vies de chrétiens ? Bien sûr, il faudra relire tranquillement et travailler les textes des discours et homélies prononcés par le pape, mais déjà nous pouvons noter quelques points d’action :
– l’appel à la sainteté qui concerne chacun, et l’exemple de tous ces saints et saintes de notre pays, en encourageant les baptisés « à se réapproprier leur héritage de foi » ;
– la parole de l’Église dans le débat public en France qui, « si elle n’est pas toujours entendue, est attendue… » ;
– l’accompagnement de la jeunesse, « prête à oeuvrer courageusement et avec générosité, à tout ce qui est beau, vrai et bon », en particulier les catéchumènes et les néophytes dans « des communautés vivantes qui pratiquent la charité et vivent la solidarité » ;
– l’enseignement catholique, ancré dans un projet éducatif « centré sur le Christ qui vise le développement intégral de la personne humaine dans toutes ses dimensions » ;
– poursuivre l’engagement contre les abus de toutes sortes « en faveur d’une culture de la prévention et de protection contre ces crimes » ;
– encourager et soutenir le clergé pour que naissent les vocations sacerdotales (« le prêtre doit être attendu, reçu, aimé et son identité, claire et bien comprise ») ;
– approfondir et enraciner la vie de foi au sein des familles ;
– vivre l’unité au sein de l’Église, qui n’est pas « une plate uniformité » mais une unité dynamique, « moyennant l’obéissance aux pasteurs légitimes, en se nourrissant de la Tradition de l’Église, des Pères jusqu’au concile Vatican II et au magistère postconciliaire […] selon un style synodal que nous cherchons à approfondir. »
Voilà un vrai programme d’action pour notre Église !
+ Mgr Antoine Hérouard