Le temps de l’Esprit

Après la fête de la Pentecôte, le retour au temps liturgique ordinaire est marqué par différentes fêtes, comme autant de signes donnés aux chrétiens pour vivre leur vie de Foi sous le signe de l’Esprit-Saint : la Sainte-Trinité, le Saint-Sacrement (Corps et Sang du Christ), le Sacré-Cœur. C’est aussi le temps où sont célébrées, dans les paroisses et les doyennés, des cérémonies de confirmation pour des jeunes d’âges différents et qui marquent ainsi, par le don de l’Esprit, leur engagement dans la vie chrétienne et leur désir de suivre le Christ.

La célébration diocésaine du sacrement de confirmation pour les adultes, à la cathédrale Saint-Bénigne le samedi de Pentecôte (plus de 200 cette année avec des baptisés de Pâques et des « recommençants »), a été l’occasion d’une grande ferveur, d’une joie profonde, d’une communion tangible. Pour tous ceux qui y ont participé, c’était la manifestation d’une Église vivante, diverse quant à l’âge, l’origine, la sensibilité. Il y avait là comme une actualisation de ce qui nous est donné de contempler dans les Actes des Apôtres : une belle simplicité, une variété de provenance, d’expérience, à l’image du Peuple de Dieu, un désir de se laisser conduire par l’Esprit-Saint promis aux apôtres après sa résurrection.

Il ne s’agit pas de s’auto-glorifier à bon compte (le fond de la question n’est pas dans les statistiques, ce que ne voient pas toujours les commentateurs), mais de réaliser davantage l’action de Dieu par l’Esprit-Saint dans le cœur de tant d’hommes et de femmes aujourd’hui. Dans notre société technicisée, hyperconnectée, mais aussi marquée par la violence (verbale et souvent aussi malheureusement physique), l’isolement de beaucoup, la peur de l’autre et en particulier de celui qui est différent (qu’il soit jeune quand on est vieux ou vieux quand on est jeune, pauvre, malade, migrant, prisonnier…), l’absence de raisons de vivre, au-delà d’un matérialisme pratique, tourne très vite à vide et assèche le cœur et l’âme. Tout ceci, il est facile de le voir, provoque insatisfactions et vide.

Quand le pape Léon XIV nous invite, dans sa récente lettre encyclique (Magnifica Humanitas), à ne pas tomber en esclavage devant la technique et son côté fascinant, à regarder l’Intelligence artificielle pour ce qu’elle est (un moyen), il nous propose dans le même temps de contempler notre humanité dans ce qu’elle a de magnifique, créée par Dieu, sauvée par le Christ, animée par l’Esprit.

Le bonheur n’est pas dans la richesse facile, le plaisir immédiat et à tout prix, la gloire médiatique, les rêves inaccessibles (et donc toujours déçus), encore moins dans la rancœur, le repli sur soi ou les jugements à l’emporte-pièce des réseaux sociaux. Le bonheur véritable est dans la capacité à aimer et à se savoir aimés, dans le fait de vouloir partager (donner et recevoir), dans la capacité à reconnaître nos limites, nos faiblesses, de nous engager résolument en faveur du bien, du beau. Pour beaucoup de jeunes adultes qui frappent à la porte de l’Église (malgré les faiblesses de ses membres), c’est cette recherche-là qui les met en route et leur fait découvrir la beauté de l’Évangile. Suivre Jésus et devenir son disciple, vivre sa vie sous le regard de l’Esprit-Saint ne supprime pas les difficultés du chemin, mais demeure une source intarissable de Paix et de Joie.

« Viens Esprit-Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière » !

+ Mgr Antoine Hérouard

 

 

Edito paru dans ECO N° 836 – Juin 2026

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