Edito janvier 2026 : Une année nouvelle avec le Christ 

Alors que l’Année Sainte 2025 sous le signe de l’Espérance s’est achevée et qu’elle a permis à un grand nombre de croyants de grandir dans leur Foi par des démarches de pèlerinage à Rome, de chemins de jubilé dans les sanctuaires, en vivant des démarches sacramentelles, en particulier la Réconciliation et l’Eucharistie, une autre année s’ouvre pour que les catholiques de Côte-d’Or puissent poursuivre leur chemin avec le Christ, découvrir ou redécouvrir le Christ vivant à leur côté, être capables d’en témoigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle de Celui qui vient sauver le monde et chacune de nos vies, là où ils vivent, autour d’eux.

La vie chrétienne et son témoignage, si elle est parfois à mettre en œuvre dans des conditions héroïques, l’est, le plus souvent et d’abord, dans le quotidien de nos existences, dans les relations avec ceux qui nous entourent, au sein de la vie familiale, professionnelle, de nos engagements dans la vie sociale ou de loisirs, dans ce qui fait vivre nos paroisses, nos aumôneries, nos mouvements.

Le 11 janvier, lors de la célébration à la cathédrale Saint-Bénigne, nous rendrons grâce pour Philippe-Maurice Bouchard, nouveau bienheureux de notre diocèse, béatifié le 13 décembre à Notre-Dame de Paris, en même temps que ses 49 autres compagnons, martyrs du STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne), morts en haine de la Foi en 1944-1945 pour avoir voulu apporter un soutien moral et spirituel à leurs jeunes compatriotes déracinés dans un environnement hostile. La célébration de la béatification a été un moment particulièrement émouvant par l’évocation du don de ces jeunes vies brisées (la plupart avaient entre 20 et 30 ans) de prêtres, séminaristes, scouts, Jocistes, par fidélité à leur Foi chrétienne et par leur désir profond de fidélité au service des autres, quoi qu’il en coûte. La présence de nombreuses familles des différents bienheureux, celle des évêques des diocèses concernés, la venue de deux évêques allemands, la beauté des chants en français, mais aussi en allemand, ont manifesté le sens profond de leur sacrifice(1).

Quelques jours plus tard, j’ai eu l’occasion de me rendre au collège Saint-François de Dijon où Philippe-Maurice Bouchard avait été élève, où nous avons pu évoquer sa vie, le contexte historique de cette période sombre, inaugurer une salle qui porte son nom, célébrer l’Eucharistie en présence de nombreux élèves, enseignants, parents et responsables de l’établissement. Une belle occasion pour méditer sur l’engagement, la fidélité, le don de soi, la force de la Foi.

Bien sûr, il ne s’agit pas aujourd’hui, pour nous, de rêver à quelque destin exceptionnel, mais plutôt de réfléchir à ce que peut signifier notre engagement de chrétien dans le monde d’aujourd’hui, en 2026, dans un environnement international fragilisé et inquiétant, dans une société française éclatée et sans grands repères, dans un environnement où l’expression de la Foi tend à être reléguée dans la seule sphère privée et où beaucoup cherchent, comme à tâtons, un sens à leur vie.

Puissions-nous en ce début d’année renforcer notre compagnonnage avec le Christ dans la prière, la vie sacramentelle, le partage de la Parole, l’engagement au service des autres et du bien commun de notre société. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt, 28-20

(1) La fête liturgique des martyrs du STO est fixée au 5 mai et pourra être célébrée ainsi dans le diocèse.

 Mgr Antoine Hérouard

Edito paru dans ECO N° 831 – Janvier 2026

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