Diacre, serviteur de qui ? De quoi ?
À l’occasion de l’ordination diaconale de Martial Konga-Dekou dans notre diocèse (7-12-2025), nous republions cet article paru dans notre magazine papier. C’est une belle occasion de (re)découvrir qui sont les diacres, quel est leur rôle au sein de l’Église et comment ils mettent leur vie au service de la Parole, de la liturgie et de la charité.

Lors des célébrations, ils portent une aube, ce qui veut simplement dire qu’ils sont baptisés. Et ils portent une longue pièce de tissu que l’on appelle une étole. Pour les prêtres, cette étole descend de chaque côté du corps, alors que pour les diacres, elle se porte en diagonale car, pour « faire le service », il vaut mieux avoir le bras le plus libre possible.
« Service ». Voilà le mot essentiel. « Diacre » vient du grec Diakonoï qui signifie « serviteur ». L’instauration du diaconat remonte aux premières communautés chrétiennes. Elle est relatée dans les Actes des apôtres (chapitre 6). Actuellement, dans l’Église catholique, les prêtres ont pour mission d’être pasteurs de la communauté alors que la mission des diacres est d’être à son service. Il est à noter que les prêtres, avant d’être ordonnés, sont préalablement admis au diaconat. C’est pourquoi la plus grande partie des diacres est qualifiée de « diacres permanents ».
Les diacres ont-ils le monopole du service, dispensant les prêtres, les évêques, les laïcs de cette mission ? Non. Lorsque Jésus lava les pieds de ses disciples lors de sa Passion, geste éminemment diaconal, il se donna en exemple pour toutes et tous, sans exception. Les diacres sont serviteurs des autres, comme tout baptisé. Mais au sein des multiples missions de l’Église, ils sont signe du service. C’est-à-dire que tout chrétien qui les voit en aube et en étole est supposé se demander « et moi, comment suis-je serviteur de mes sœurs et frères ? »
En France, les évêques ont décidé que les diacres permanents seraient « en pleine vie ». Le Concile Vatican II a établi qu’ils peuvent être mariés, avoir une famille… mais cette expression signifie que, par ailleurs, ils ont un métier. Cependant, il est important de rappeler que, pour les diacres ayant une famille, c’est leur premier lieu de mission. Il y a aussi quelques diacres permanents célibataires.
Le diocèse de Dijon compte 39 diacres*. L’immense majorité d’entre eux a été appelée pour une année de discernement. Suivent quatre autres années d’un parcours en couple qui comporte plusieurs facettes : des formations diverses, liturgiques, théologiques… Mais ce parcours n’est pas seulement destiné à acquérir des connaissances. Il est aussi un chemin de discernement et sa durée, qui peut paraître longue, est conforme à l’adage « On ne fait pas pousser l’herbe en tirant dessus ! » Discernement pour l’Église : le candidat se révèle-t-il conforme aux espérances mises en lui ? Discernement pour le candidat : est-ce profondément sa vocation ? Discernement pour son épouse : l’ordination va transformer notre vie de famille. Ce « oui » qui me sera publiquement demandé lors de la célébration sera-t-il affirmé en vérité ?
Un diacre, ça « fait » quoi ? La difficulté à répondre à cette question montre qu’elle est mal posée. « Un diacre « est » quoi ? » est bien meilleure, et si on ajoute « pour qui ? », on a une bonne base de dialogue !
Marc Rey, diacre permanent
Article paru dans ECO N° 823 – Mars 2025 – NDLR : Le diocèse compte désormais 40 diacres.