Secours catholique : les chiffres de la précarité 2025
Communiqué de presse
RAPPORT PAUVRETÉ 30 ANS DE REGARD SUR LA PAUVRETÉ
Le Secours Catholique publie aujourd’hui ( 18-11-2025) son trentième rapport pauvreté.
Celui-ci vise à analyser en profondeur l’évolution de la pauvreté et de la précarité au cours des trois décennies en mobilisant les données statistiques disponibles, les analyses institutionnelles et les constats du terrain.
La France est l’un des pays les plus protecteurs d’Europe grâce à son modèle social, mais la pauvreté et la précarité y demeurent des réalités persistantes. Depuis 30 ans, les mutations économiques, sociales et démographiques, ainsi que les crises successives, ont profondément modifié les formes de pauvreté et les profils des populations concernées. En 30 ans, la pauvreté n’a pas reculé de façon significative, mais a profondément changé de nature et aussi de visage. Une transformation sociologique des situations de pauvreté, des chômeurs aux personnes âgées à une pauvreté plus diverse, incluant les jeunes, les travailleurs, les familles monoparentales et les femmes seules.
Une apparente stabilité
Un taux de pauvreté de 14,5 % en 1996 et de 14,4 % en 2022, qui peut donner l’impression d’une pauvreté figée, malgré une récente et nette progression en 2023 (15,4 %). Mais au-delà du revenu, la pauvreté se mesure aussi par les difficultés matérielles rencontrées au quotidien par les personnes que l’on accompagne (plus d’un million de femmes, d’hommes et d’enfants) comme l’incapacité à se chauffer correctement, des retards de paiement de factures, l’impossibilité d’accéder à une alimentation digne et les conséquences sur la santé.
1994 – 2024 : des profils qui évoluent, regard des bénévoles acteurs de terrain
En 1994, les bénévoles du Secours Catholique rencontraient surtout :
- des femmes seules avec ou sans enfants, aux carrières hachées par le travail précaire (temps partiel subi, contrats courts) en demande d’écoute, de conseil, de soutien et d’aide alimentaire.
- Des ménages au chômage arrivant en fin de droits, demandant une aide administrative et une aide alimentaire face aux difficultés à retrouver un emploi.
- Des hommes seuls de nationalité étrangère, en milieu urbain, en demande de vêtements.
- Des personnes seules, enchaînant les contrats courts (saisonnier, intérim) demandant écoute et soutien.
En 2024, ces quatre situations les plus fréquemment rencontrées ont évolué :
- Des mères isolées en emploi précaire, en logement social, qui vivent dans une extrême pauvreté, demandant de l’aide alimentaire et des vêtements pour elles et leurs enfants.
- Des familles de nationalité étrangère avec enfants en demande d’aide administrative face au durcissement de l’accès aux préfectures.
- Des femmes isolées de plus de 50 ans, souvent avec un problème de santé ou un handicap, vivant en milieu rural, « cassées » par des boulots difficiles, en demande d’écoute et de soutien pour rompre l’isolement social.
1994 – 2024 : un changement de regard de la société sur la pauvreté
En 1994, le label de la grande cause nationale est attribué à des associations à vocation sociale et caritative, qui ont décidé de se coordonner pour organiser une campagne d’information radio-télévisée sur le thème de la solidarité face à la pauvreté. Notre premier rapport national en résulte. La pauvreté est vécue comme conjoncturelle, une mauvaise passe qui nécessite pour s’en sortir de protection sociale et de choix politiques en faveur de la solidarité.
En 2024, les personnes en précarité sont souvent assimilées à des “assistés”, qui ne feraient pas ce qu’il faut pour retrouver du travail, vivant largement d’allocations généreuses. Pourtant, la pauvreté est devenue structurelle. Un tel discours ignore la complexité de la réalité, accentue la stigmatisation et les fractures de notre société.
L’impact des crises successives et des réformes
Les chocs économiques (crise de 2008), sanitaires (COVID 19) et inflationnistes (2022-2023) ont été des accélérateurs de précarité. Bon nombre de situations de détresse rencontrées par l’association sont la résultante directe de réformes mises en place par les gouvernements. Que ce soient les réformes successives de l’assurance chômage, alors que le travail aujourd’hui reste précaire, ou la progression du non-recours au RSA, résultante de la peur, de la stigmatisation et de la dématérialisation de toutes les démarches administratives.
Face à toutes ces évolutions, le Secours Catholique-Caritas France a adapté sur le terrain ses modes d’action au plus près des besoins des personnes, mais aussi son plaidoyer auprès des pouvoirs publics.
Pour en savoir plus en local :
site internet de la délégation Bourgogne
page Facebook de la délégation Bourgogne
compte Instagram de la délégation Bourgogne