Saint Bénigne, patron du diocèse de Dijon
Le dimanche 16 novembre, une messe pontificale sera célébrée en la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon. La liturgie sera présidée par Mgr Antoine Hérouard, archevêque de Dijon, entouré des chanoines du chapitre cathédral, revêtus des ornements rouges en mémoire du martyre de saint Bénigne. Dans l’après-midi, la célébration se poursuivra par les vêpres pontificales.
Cette fête diocésaine rend hommage à saint Bénigne, martyrisé à Dijon vers l’an 178, vénéré depuis les premiers siècles comme le patron principal du diocèse.
Saint Bénigne, témoin des premiers siècles chrétiens
La mémoire de saint Bénigne nous est transmise principalement par saint Grégoire de Tours, historien et évêque du VIᵉ siècle. Son arrière-grand-père, Grégoire de Langres, fut évêque de cette cité et contribua à diffuser le culte du saint dijonnais.
Selon la tradition, Bénigne — dont le nom vient du latin benignus, « le bon, le bienveillant » — aurait été originaire de Smyrne, en Asie Mineure. Disciple de saint Polycarpe, lui-même formé par l’apôtre saint Jean, il aurait été envoyé en Gaule pour y annoncer l’Évangile.
Son itinéraire missionnaire aurait conduit le saint à Marseille, Autun, Langres, puis enfin à Dijon, où il subit le martyre sous les persécutions romaines vers 178.
Sur le lieu présumé de sa sépulture s’éleva une basilique primitive, remplacée au cours des siècles par la magnifique abbaye bénédictine Saint-Bénigne, haut lieu spirituel et artistique du Moyen Âge bourguignon.
Le culte de Saint Bénigne et la naissance du diocèse de Dijon
Avant la création du diocèse de Dijon, Saint Bénigne était déjà vénéré comme patron de l’Église d’Autun.
Ses textes liturgiques, dans la tradition éduenne (autunoise), différaient notablement de ceux adoptés plus tard à Dijon.
Le diocèse de Dijon fut érigé en 1790 par l’Assemblée constituante, lors de la réorganisation ecclésiastique de la France révolutionnaire. Par un bref du cardinal-légat Jean-Baptiste Caprara, Saint Bénigne fut alors officiellement déclaré patron principal du nouveau diocèse.

Une figure entre histoire et légende
La figure de saint Bénigne s’enracine dans une tradition hagiographique ancienne, où se mêlent éléments historiques et influences orientales.
L’historien Henri Grégoire, dans son étude intitulée Saint Bénigne de Dijon et son prototype byzantin, le Mégalomartyr Benignos (Menignos) de Parion (Hellespont) (Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1952, t. 96, n°2, p. 204-213), a mis en lumière le rapprochement entre le martyr dijonnais et certaines figures orientales du christianisme primitif.
Quelles que soient les sources ou les légendes, la figure de saint Bénigne demeure un symbole de foi et de courage, témoin du premier rayonnement de l’Évangile sur la terre de Bourgogne.
Sources et références :
Grégoire de Tours, Historia Francorum, livre I.
Henri Grégoire, Saint Bénigne de Dijon et son prototype byzantin, le Mégalomartyr Benignos (Menignos) de Parion (Hellespont), Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1952, t. 96, n° 2, p. 204-213.
Abbaye Saint-Bénigne de Dijon, Histoire et archéologie, DRAC Bourgogne-Franche-Comté.
Diocèse de Dijon, archives diocésaines.