Une affluence inattendue pour le 50ème anniversaire du groupe de dialogue et d’amitié entre chrétiens et musulmans

Le 8 mai, le groupe dijonnais de dialogue et d’amitié entre chrétiens et musulmans a fêté ses 50 ans en plusieurs temps. Il a été reçu très chaleureusement par les responsables de la mosquée de la rue Charles Dumont qui avait prévu, outre un mot d’accueil, croissants et thé à la menthe. Nous étions alors une petite centaine, bien plus que prévu. Le groupe et le responsable de la mosquée se sont rendus ensuite à l’église Saint Pierre où le Père Royet l’a accueilli et a exposé l’histoire de l’église et quelques éléments de la foi chrétienne. Le Père Luc Lalire a évoqué pour sa part une rencontre à trois voix qui eut lieu en 2001 avec Juifs, chrétiens et musulmans, tandis que mémoire était aussi faite de l’hospitalité accordée dans les années 70 par la paroisse Saint-Pierre aux musulmans de Dijon qui n’avaient alors pas de lieu pour prier.

Après la nécessaire et impressionnante photo de groupe près du kiosque de la place Wilson, il a fallu « pousser les murs » de la salle paroissiale Saint Pierre pour le couscous préparé par les amis de la Madrassa de Talant, tandis que les chrétiens avaient amené le dessert. Du monde avait dû hélas être refusé. Ambiance joyeuse et fraternelle.

Puis ce fut le temps des conférences à la salle Camille Claudel, dans l’assistance Mgr Hérouard, des représentantes de l’Église protestante, M. Ndiaye, adjoint à la maire de Dijon qui la représentait, les trois principaux responsables musulmans de l’agglomération et le président du centre culturel turc. Tour à tour, le Père Jean-François Bour, dominicain et délégué national pour les relations avec les musulmans de la Conférence des Évêques de France, et Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France, ont parlé de l’urgence du dialogue dans le climat actuel qui prévaut en France, mais aussi, à la suite d’une question de l’auditoire, de la laïcité : ses bienfaits et ses écueils.

Et finalement, a été projeté un film de témoignages, réalisé par M. Abdelali Razqi, où chrétiens et musulmans du groupe expriment avec force ce que leur apporte le dialogue et surtout l’amitié. En ouverture, le Père Michel de Gigord, originaire d’un village qui s’appelle Vatan, explique avec humour comment le nom de ce village symbolise ce qui l’a conduit, à travers les Missions étrangères, à rencontrer les musulmans et à nouer des liens forts avec eux. C’était comme un écho à l’appel de Dieu à Abraham. Le film évoque également Abraham au titre de l’hospitalité vécue à Manbré, épisode connu des deux religions. « N’oubliez pas l’hospitalité car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. » rappelle l’épître aux Hébreux (13, 2). M. Razqi a été très applaudi pour son film qui devrait être à nouveau présenté à Chenôve à l’automne.

 

Etienne Gilles, délégué épiscopal pour les Relations avec les Musulmans

Photo de couverture : @Luc Thiébaut 

Partager