Quand l’IA rencontre les religions, perspectives pour l’Église catholique

A l’occasion de l’AI Summit Paris 2025, la Conférence des Evêques de France et le Service pour les professionnels de l’information (SPI) ont organisé un colloque sur le thème : « Quand l’IA rencontre les religions : Perspectives pour l’Église catholique ». Cet événement a exploré les interactions entre intelligence artificielle (IA) et religion, particulièrement dans le contexte de l’Église catholique.

« Nous – les évêques de France – nous pensons que l’intelligence artificielle générative peut être mise au service de l’Église dans sa mission pastorale et que cela mérite d’être étudié et aussi expérimenté », a souligné Mgr Denis Jachiet, président du pôle Dialogue, dans son discours d’introduction, à la Maison de Breteuil, le 10 février 2025.

Trois éléments à retenir du colloque :

  • les usages pratiques de l’IA (Intelligence Artificielle)  : De nouvelles technologies comme les robots-prêtres ou applications religieuses émergent déjà dans certains contextes, posant des questions sur leur intégration dans la vie ecclésiale,
  • les enjeux éthiques : le colloque a insisté sur la nécessité d’une intelligence artificielle guidée par des principes chrétiens tels que la dignité humaine, la justice et la solidarité,
  • la vision théologique : l’Église doit veiller à ce que ces technologies ne remplacent ni Dieu ni l’humanité, mais servent au bien commun,

Ce colloque s’inscrivait dans une réflexion plus large initiée par le Vatican, notamment avec le document Antiqua et Nova publié le 28 janvier 2025, qui met en garde contre un usage idolâtre de la technologie et insiste sur son rôle comme complément à l’intelligence humaine. « Ce texte souligne l’importance d’un usage responsable de la rationalité et de la capacité technique. L’IA devrait assister et non remplacer le jugement humain, tout comme elle ne devrait jamais dégrader la dignité de l’humain ni sa créativité. Dans ce texte, le Vatican dénonce l’utilisation intentionnelle de l’IA à des fins de manipulation comme avec les fake news ou les deepfakes qui sont produites par l’IA. De telles pratiques risquent de progressivement miner les fondements de la société en alimentant la polarisation politique et le mécontentement social», a relevé Mgr Denis Jachiet avant de préciser que l‘intelligence artificielle peut effectivement être perçue comme une manifestation moderne de la « tentation prométhéenne de l’homme », alimentant l’illusion d’un salut par la technique. Cette vision s’inscrit dans la continuité du mythe de Prométhée, où l’homme cherche à égaler ou surpasser les dieux grâce à la technologie. 

Source CEF 

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