Mémoire de l’Abbé Cochet à Couchey

En ce 11 janvier 2025, Couchey a fait mémoire de l’abbé Louis Cochet, à l’occasion des 80 ans de sa disparition au camp de Cross Rosen, en Pologne, le 23 décembre 1944.

La grande salle Albert Derey de la Mairie de Couchey était comble pour entendre le père Didier Gonneaud, curé de la paroisse de Marsannay-La-Côte, et Pierre Derey, dont le grand-père avait été déporté avec l’abbé Cochey et quatre autres hommes de la commune, et dont la grand-mère – Germaine Derey – a repris, dans la Résistance, la suite de l’abbé Cochet.

Le père Didier Gonneaud a présenté « l’abbé Cochet philosophe », qui entretenait une correspondance – et des liens d’amitié – avec Maurice Blondel, Gustave Bardy, Gaston Bachelard, Jean Mouroux et Jean Duplacy. Il a souligné le rayonnement spirituel et intellectuel de l’abbé Cochet et son humilité : le professeur de philosophie du grand séminaire de Dijon soumettait modestement ses textes à Maurice Blondel ou à Bachelard, insistant sur le fait qu’en s’engageant dans la résistance, il avait pris le risque de mourir sans avoir pu développer pleinement sa pensée. Renoncer à porter à pleine maturité ses intuitions, sa pensée, a fait partie de son sacrifice.

C’est ensuite Pierre Derey qui a évoqué « l’abbé Cochet résistant », suivi par plusieurs intervenants et, notamment, par Madame Monique Seguin, qui a connu l’abbé Cochet lorsqu’elle était très jeune.
Elle l’avait vu partir dans la voiture de la Gestapo qui était venue l’arrêter le 27 janvier 1944, alors qu’il venait de célébrer l’enterrement d’un jeune enfant dans l’église de Couchey. Le frère de Madame Seguin venait de servir la messe d’obsèques. Il avait couru en informer sa jeune sœur.

L’abbé Cochet avait été sollicité de venir à Couchey, privé de curé en 1940, alors que lui-même n’avait plus d’enseignements à assurer au séminaire, en cette période de guerre.

Monseigneur Antoine Hérouard a salué à son tour la mémoire de l’abbé Cochet au début de la messe qu’il a présidée dans la belle église de Couchey, en la fête du Baptême du Seigneur. Dans son homélie, il a évoqué le mystère du baptême qui transforme notre cœur et notre vie, relisant – à travers un témoignage sur l’abbé Cochet lu au début de la célébration – les fruits portés par ce baptême dans la vie de ce philosophe résistant.

A l’offertoire, le chœur a chanté le poème final de l’ouvrage de l’abbé Louis Cochet : « Regards sur la vie ». Il a été mis en musique par le père Albert Sauvageot. La partition en a été retrouvée par le père André Jobard et une très belle interprétation en a été donnée.
La Trinité était discrètement présente dans ce texte lorsque le philosophe évoquait le « souffle vivifiant des Trois Mystérieux » …« J’ai vu tout l’univers dans un regard de Dieu, laisser chanter la vérité libératrice » …

Bénédiction pour Couchey et pour le diocèse de Dijon !

Texte : MAT
Photo : MDT 

 

Partager