Le père Hablizig a fait ses adieux à Is-sur-Tille

 

Une messe d’au revoir et de merci a été célébrée le 29 octobre à l’occasion du père Yves Hablizig qui a servi dans la paroisse d’Is-sur-Tille/Grancey pendant quatre ans, de septembre 2013 à septembre 2017. Le diacre Dominique Yeme a lu ces quelques mots :

« Nous voici donc, avec deux mois de  décalage sur le programme prévu, rassemblés pour dire au revoir au père Hablizig et lui dire merci pour tout ce qu’il nous a apporté et donné depuis sa retraite à Til-Châtel, il y a quatre ans. Retraite… le mot est mal venu …. chez ces gens là, Madame, Monsieur, on ne prend pas sa retraite …On devient prêtre   » coopérateur « …. ce qui signifie en réalité que l’on redevient vicaire, officieusement, et même curé de remplacement , officieusement aussi, même si le père Hablizig s’en défendait souvent .. » je ne suis pas curé ici…!!  » Et pourtant ce fut la réalité pour le locataire de la cure de Til-Châtel , depuis que sa  » co opération  » nous a été offerte. Beaucoup parmi vous ont eu à le rencontrer, à l’entendre chanter, à l’écouter parler de la beauté ou de la caractéristique méconnue de telle ou telle de nos églises. Car il a toujours été passionné par l’histoire et l’architecture. Mais sans doute d’autres parmi vous n’ont pas assez connu cet homme à la voix tonitruante qui n’a pas renâclé à faire des kilomètres et des kilomètres pour aller ici ou là, célébrer les messes dominicales ou les obsèques.

Rassurez vous, je ne vais pas vous détailler le CV du père Yves-Bernard Hablizig, Yves pour certains ou Bernard  pour d’autres. Il y en aurait pour plus d’une demi heure et, si je fais une erreur, je risquerais de m’entendre dire, avec cette voix forte que vous connaissez bien; « Ça, ça n’est  pas …exact ». Mais sa vraie passion était de devenir missionnaire et Prêtre du Sacré Cœur. Ordonné en 1966, il sera incardiné dans le diocèse de Dijon  et nominations après nominations, il va connaitre bon nombre de paroisses, d’Aubigny-en-Plaine à Labergement , puis à Saulieu puis à Fontaine-Française et à Semur-en-Auxois où il sera aumônier de l’hôpital.

C’est alors que l’âge l’y autorisant, il est appelé à prendre sa retraite…non, à continuer son service sacerdotal parmi nous. Sa santé l’handicape et retarde de quelques semaines non pas un départ en retraite définitif, non, mais une nouvelle mission comme aumônier des petites sœurs des  pauvres à Dijon…!

Il n’est pas possible de terminer ici sans ajouter 3 mots : Le CMR dont il fut aumônier  longtemps et où il a tissé de nombreux liens d’amitié. La Salette, où il a effectué un nombre impressionnant de pèlerinages avec des jeunes et des moins jeunes. Et enfin la Bosnie, sujet sur lequel, si vous le branchez, il va devenir intarissable … sur ce pays qu’il a découvert, qu’il aime, qu’il connaît, et où il a apporté de l’aide matérielle et fraternelle à tous ces gens qui ont connu la guerre, la misère et la faim…

Voila le « prêtre coopérateur » qui nous quitte, après avoir secondé plus qu’efficacement notre curé surchargé , après avoir parcouru dans tous les sens notre grande paroisse, après avoir, là encore, tissé des liens d’amitié avec bon nombre d’entre nous . Alors, père Hablizig, les paroissiens d’Is-Grancey vous disent un grand merci pour ces années passées avec eux… pour tout ce que vous nous avez apporté, pour la mission que vous avez remplie chez nous. Nous ne vous souhaitons pas une retraite méritée puisque nous avons compris que vous n’arrêtez pas là votre mission , mais nous vous souhaitons, justement, à vous qui vouliez être missionnaire, de trouver la joie et la quiétude dans cette nouvelle mission qui vous attend auprès des petites sœurs des pauvres.

Bonne continuation et encore merci.

Le père Joseph N’Kouka, doyen du secteur Saône-Vingeanne-Tille, a salué à son tour le père Hablizig dans son homélie :

« Vous êtes certainement surpris d’écouter un autre prêtre qu’Yves partager avec vous la Parole de Dieu en ce dimanche d’au revoir. Je le fais à sa demande. Mais ceci n’est pas un hasard non plus. Cela fait partie de l’ADN du bonhomme – l’humilité dans les actes.

Dimanche d’au revoir ! Yves est venu, a fait un bout de chemin avec nous, ici à Is et dans le doyenné. Aujourd’hui l’évêque et la vie l’appellent ailleurs. Y a-t-il un fait plus banal pour nous prêtres que d’arriver dans une paroisse, de se poser et de repartir. Cette mobilité en apparence banale, dit beaucoup plus que nous ne pouvons l’imaginer. C’est d’elle, in fine, dont il est question dans la 1re lecture à travers les tribulations d’un peuple en exode. Ce peuple, c’est nous. Comme chrétien, notre force, c’est d’en avoir conscience. Voilà pourquoi le Seigneur nous invite à ne pas exploiter l’immigré car nous sommes nous-mêmes des immigrés sur cette terre. Cher Yves, depuis que je te connais, je sais que cette conscience ne t’a jamais quitté. Tu sais que nous ne sommes que des passants dans ce monde. Après tes 75 ans, l’âge syndical de la retraite, au vu d’une santé peu reluisante, tu aurais pu faire valoir ton droit légitime à la joie du repos bien mérité, et pourtant tu as accepté de l’évêque sa proposition de poursuivre ta mission ici à Is. Pcq tu sais que notre marche jamais ne prendra fin qu’une fois en Terre promise.

Dans la 2e lecture, Paul exprime sa gratitude aux Thessaloniciens qui ont expérimenté leur foi, non dans des théories abstraites, mais en le voyant vivre, configuré au Christ. Ce témoignage nous donne un des rôles majeurs du prêtre. Le prêtre est là pour aider le peuple de Dieu à vivre son Exode. Il est là pour l’encourager, l’aider à trouver sa joie même au milieu des épreuves. Il est là pour montrer l’horizon de la vie. Pour cela, le meilleur enseignement n’est pas dans les discours mais dans les actes. Cher Yves, Combien de fois ne t’ai-je pas entendu dire dans la confiance de l’abandon : « Je fais ce que mon curé me demande ». Ce curé aurait pu être ton petit-fils, et pourtant tu as toujours été dans le respect, et l’obéissance même quand certaines options te semblaient discutables. De telles dispositions de cœur témoignent mieux que le meilleur des discours…

Au final, à quoi peut-on résumer notre foi ? A un mot : aimer ! C’est la réponse de l’Evangile : Aimer Dieu, son prochain comme soi-même. Toute la loi se résume à cela. Rien de plus, rien de moins, nous dit le Christ. Dieu est notre plus beau et plus grand trésor. De lui, tout découle. Il est la lumière qui éclaire le mystère de la vie : notre nature, notre horizon… Lui seul est capable de nous ouvrir à la plénitude de la vie. C’est cet amour de Dieu qui nous ouvre à la vraie vie et à l’amour du prochain. Cher Yves, tu as empilé les km ici à Is et plus largement dans le doyenné au nom même de cet amour. Dans l’humilité, tu as toujours agi comme un serviteur quelconque, invitant les gens non pas à te regarder mais à regarder celui qui nous a aimé le 1er. Pour Lui, tu t’es donné malgré une santé fragile. Et que dire de la Bosnie ? Quand tu en parles, tes yeux s’illuminent. Tout ceci tu l’as fait Yves sans en tirer aucune gloriole, parce que tu sais que nous ne sommes que des serviteurs quelconques – nous ne faisons là que notre devoir. C’est le même amour qui te rend également sensibles à tous les gestes d’humanité à ton égard. Combien de fois ne t’ai-je pas entendu te réjouir des marques d’attention de Vincent.

Cher Yves, nous te disons merci pour tout ce que tu nous as apporté. La vie continue, la marche vers la Terre promise continue. Nous te souhaitons bon vent… »