Les obsèques du père André Nurdin ont eu lieu ce jeudi à Saint-Michel

 Homélie du père André Jobard lors des obsèques du père André Nurdin

Les obsèques du père Nurdin ont été célébrées ce jeudi à 10 heures à l’église Saint-Michel de Dijon. La cérémonie a été présidée par l’archevêque et pas moins de 45 prêtres du diocèse étaient présents, ainsi que de nombreux proches et amis du père Nurdin.

C’est le père André Jobard qui a prononcé l’homélie dont voici le texte intégral :

« C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. » Cette parole de saint Paul aux Corinthiens a été lue le week-end dernier, à l’heure où notre frère et ami André fermait définitivement les yeux. Certainement un clin d’œil de la part de Celui qu’André a servi fidèlement jusqu’au bout. En effet s’il y a une chose que nous pouvons retenir de lui, c’est bien cette fidélité dans le service. Un service accompli toujours avec joie, dans la bonne humeur, avec un regard positif sur la réalité, même quand ses confrères, nous autres amis, pouvions exprimer une réserve, une critique sur la vie de notre Église. Un service qui l’a conduit à accepter toutes les missions qui lui ont été confiées, et qui ont été rappelées au commencement de cette célébration. Il a sillonné le diocèse, il a participé à la formation des prêtres, il a été rédacteur de la revue diocésaine, producteur de l’émission de RCF pour la liturgie du dimanche, il s’est beaucoup investi auprès des adultes handicapés, il n’a jamais craint de monter vers son cher carmel de Flavignerot par tous les temps, et sur le tard il a éprouvé beaucoup de joie à accompagner les sœurs âgées à la maison de la Visitation, d’où il aimait rapporter quelques détails parfois succulents. Un service qui ne s’est pas cantonné à l’Église rassemblée, mais a débordé bien au-delà : en témoigne tout ce qu’il a mis en route avec des personnes albanaises pour leur intégration. Enfin un service qu’il a accompli avec une santé bien compromise ces dernières années : que des fois tu nous as étonnés, voire-même inquiétés de te retrouver à des rencontres tardives, et je me souviendrai toujours de Noël 2010 à Sainte-Chantal, où la neige qui venait de tomber avait retenu chez eux bien des paroissiens, alors que toi, André, l’intrépide, tu n’avais pas hésité à braver la dangereuse météo de cette nuit-là.

Cela dit, et nos conversations ces jours-ci à propos d’André rejoignent ce tableau élogieux, il ne faudrait pas que nous nous arrêtions là et que de nous-mêmes jugions qu’ainsi il va rejoindre de suite le paradis. Laissons à Dieu la liberté de la juger. Ce ne sont pas nos œuvres qui vont nous sauver, mais notre foi au Christ mort et ressuscité. Cette foi habitait le cœur d’André, qui a beaucoup médité l’évangile des béatitudes, dans lequel il retrouvait les traits du Christ, le pauvre, le miséricordieux, le doux, l’assoiffé de justice, le persécuté. Cela l’avait conduit à s’engager dans l’institut des prêtres du Prado du Père Chevrier, pour qui le souci des pauvres s’enracine dans la contemplation du Jésus de la crèche, du Christ en croix, et du Christ présent dans l’eucharistie. Pour avoir visité André la veille de sa mort, et aux dires de son entourage, et notamment de sa sœur et de son beau-frère, j’ose affirmer que son visage apaisé, serein, esquissant un léger sourire reflétait un autre visage, celui de Jésus, habité de la confiance qu’elle belle rencontre se profilait pour lui.

Oui heureux es-tu, André, et nous serions pour que tu entendes une autre parole de Jésus que tu as dû commenter plus d’une fois pour apaiser des familles dans la peine du départ d’un être cher : « entre dans la joie de ton maître, bon et fidèle serviteur. »

 

Le père André Nurdin est décédé ce samedi

Le diocèse de Dijon est à nouveau en deuil avec le décès du Père André Nurdin survenu le samedi 2 décembre à la Maison du Clergé qu’il venait de rejoindre après quelques jours d’hospitalisation.

Né en 1924 à Marcilly-sur-Tille au sein d’une famille particulièrement chrétienne (son frère Michel est Petit Frère du P. de Foucauld),  André Nurdin avait rapidement choisi sa voie puisque, dès la classe de 6ème, en 1936, il entrait au petit séminaire. C’est en 1942 qu’il est entré au grand séminaire de Dijon puis au séminaire Universitaire de Lyon en 1946. Le 29 juin 1950, il a été ordonné prêtre à la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon.

Aisey-sur-Seine, Châtillon et Sainte-Colombe-sur-Seine, professeur au grand Séminaire, Beaune et Montbard.

Ses différents ministères ont alors conduit André à passer dans presque toutes les régions du diocèse : entre 1950 et 1955, il est nommé à Aisey-sur-Seine avant de rejoindre Châtillon-sur-Seine et Sainte-Colombe-sur-Seine durant une année puisqu’en 1956 il devient membre de l’équipe des formateurs du grand Séminaire où il restera jusqu’en 1969. C’est durant cette période qu’il fera également le noviciat du Prado qui a tant marqué sa spiritualité.

En 1969, André Nurdin est nommé curé d’Is-sur-Tille puis en 1972 à Beaune où il restera jusqu’en 1979, date à laquelle il devient curé de Montbard où il restera jusqu’en 1990.

Rédacteur en chef de la revue « Eglise en Côte-d’Or » durant 10 ans.

En 1990, c’est un ministère bien différent qui lui est confié puisqu’il devient rédacteur en chef de la revue diocésaine « Eglise en Côte d’Or » et aumônier du collège Saint-Joseph de Dijon tout en étant chanoine titulaire de la cathédrale et aumônier du Carmel de Flavignerot à partir de 1992. En 2000, bien qu’officiellement en retraite, il rendra d’innombrables services d’abord à Fontaine-Française entre 2000 et 2003, à la paroisse Dijon-Sainte-Chantal entre 2003 et 2013, puis à la résidence Notre-Dame de la Visitation et au foyer Saint-François d’Assise à Dijon. Et dans tant d’autres lieux, maisons de retraites et communautés religieuses. En 2006, il a été nommé « chanoine pénitencier » chargé d’accueillir les personnes qui avaient besoin de son écoute attentive.

Il paraissait infatigable tant il aimait être au contact des personnes auxquelles il rendait service. Et nombreux sont ceux qui savaient qu’il était plein d’humour et intarissable quand il évoquait ses souvenirs, ses rencontres, ses amitiés inattendues.

Lire ici l’avis de deces du père André Nurdin.