Quel avenir pour la statue de Jeanne-d’Arc de la Providence ?

Dans le parc qui entoure la chapelle de la Providence, une statue monumentale de Jeanne-d’Arc, haute de 2m70, semble défier le temps. La sculpture de marbre de Carrare, qui date du début du XXe siècle, est arrivée à Dijon en 1923, trois ans après la canonisation de la bergère de Domrémy.

A l’époque, l’évêque de Dijon, Mgr Landrieux, ancien curé de la cathédrale de Reims, explique, à l’occasion de la fête de Pâques, qu’une statue de Jeanne-d’Arc, réplique d’une oeuvre de Prosper d’Epinay, pourrait arriver bientôt dans la cité des Ducs. Mais il faut pour cela financer son transport, puisque la sculpture et son socle se trouvent…à Rome.

Une souscription diocésaine est aussitôt lancée et les dons recueillis permettent de faire venir, sans tarder, la belle statue. L’évêque annonce alors que les diocésains de Dijon « seront heureux de voir bientôt la statue sur une place publique de la ville de Dijon ».

Tandis que le lieu de destination de la statue tarde à se dessiner, cette dernière est installée dans le transept nord de la cathédrale Saint-Bénigne, au pied du monumental Christ en Croix (qui est toujours à cet endroit aujourd’hui, Ndlr). La sculpture est bénite à l’occasion de la solennité de la fête de la sainte, le 11 mai 1924. Alors qu’elle avait été placée à cet endroit de manière provisoire, elle y restera près de 40 ans…

C’est en 1961, à l’occasion d’un profond réaménagement intérieur de la cathédrale, que la statue fut confiée, par la ville de Dijon, à une entreprise dijonnaise. Les journaux de l’époque racontent: « L’autorité municipale pria une entreprise dijonnaise d’enlever la statue, avec tous les ménagements qui lui étaient dus, et de l’héberger en attendant son érection en place publique ».

La statue de Jeanne d’Arc ne connaîtra jamais un tel honneur. En 1964, la sculpture est toujours entreposée dans les locaux de l’entreprise qui l’avait enlevée trois ans plus tôt…

On perd alors la trace de la statue pendant de nombreuses années. Ce sont finalement les sœurs de la Providence qui récupèrent la sculpture et qui la disposent contre le mur nord de la chapelle de la Providence. Mais la statue est mal fixée et elle tombe un jour en avant, se brisant les deux bras. L’épée sur laquelle elle s’appuyait depuis plus d’un demi-siècle disparaît. La statue est finalement redressée et plus solidement arrimée.

Il faut attendre l’année 2007 pour que la statue soit disposée à un endroit plus approprié. Aujourd’hui, l’association de sauvegarde du site de la Providence garde un œil sur la sculpture, même si leur priorité reste l’édifice. Jean-Louis Guérin, membre du collectif, indique : « Cette représentation de Jeanne d’Arc n’est pas courante : elle n’est pas guerrière ou romantique, elle est droite et priante. Ses paupières baissées dégagent une humilité, une sérénité et une confiance étonnantes. On espère que cette statue connaîtra un jour une fin heureuse, après avoir connu une histoire aussi atypique ! »

Nicolas Rouillard